Archive for the ‘Homélies’ Category

19e dim ord B

août 12, 2012

Jn 6,41-51)

La semaine passée, le pain venu du ciel concrétisait le soin que Dieu prenait de son Peuple. Il envoyait donc chaque matin, providentiellement, ce grain blanc à goût de miel, disséminé un peu partout dans le camp. Il n’y avait plus qu’à le recueillir ce qui demandait un certain travail. Aujourd’hui, on entend encore parler de pain venu du ciel. Ce pain apporté au prophète Elie par un ange lui a donné une force extraordinaire parce qu’il a consenti à le manger malgré sa mauvaise humeur. Il a été ensuite capable de marcher très longtemps sans s’arrêter jusqu’au lieu où Dieu l’a envoyé. Elie voulait débarrasser la terre d’Israël des prêtres de Baal qui attiraient le peuple dans leurs temples. Et là ils pratiquaient une liturgie où l’immoralité se mêlait à la cruauté. Elie les a donc convoqués sur la montagne du Carmel, et devant le peuple assemblé, leur a proposé d’offrir un sacrifice où le feu serait mis par le vrai dieu. Seul l’autel construit par Elie a brûlé de lui-même sans que personne n’y mette le feu. C’est donc Yahvé le vrai Dieu ! Et sur l’ordre d’Elie, le peuple recherche les 450 prêtres de Baal, que Jézabel avait fait venir de Phénicie, et les massacre jusqu’au dernier. Tout revient dans l’ordre, la pluie tombe, on va pouvoir semer et moissonner, mais Elie doit fuir car ses jours sont en danger. Il part au désert, mais au bout d’un jour de marche, il n’en peut plus. Il trouve un genêt isolé pour se mettre à l’ombre mais il pense que ce Dieu d’Israël qu’il a si bien servi est en train de l’abandonner. Il est très mécontent et demande la mort. Dieu lui répond par un de ses messagers qui lui donne un pain à manger et une cruche d’eau à boire. Elie mange, il boit et s’endort. L’ange le réveille, Elie voit de nouveau devant lui un autre pain et une autre cruche d’eau. Il mange, il boit et il part. C’est une nouvelle vie qui commence pour lui. Il marche 40 jours et 40 nuits jusqu’à la Montagne où Dieu l’envoie. Ces 40 jours c’est le nombre symbolique qui rappelle les 40 ans d’Israël dans le désert et les 40 jours de Moïse sur cette même montagne. C’est là qu’Elie va faire retraite avant d’être envoyé pour une nouvelle mission. Il doit installer un roi en Israël, un autre à Damas, il doit également choisir Elisée comme nouveau prophète pour le remplacer. Cette retraite va transformer Elie. Il va comprendre que pour parler au nom de Dieu il faut lui ressembler. Et pour lui montrer qu’il est le Clément, le Miséricordieux, Dieu va se manifester à lui dans une douce brise. Il s’était fait précéder par le tonnerre et le vent violent. Mais Dieu n’était ni dans le tonnerre ni dans le vent. Et plus tard, il a pris chair pour que l’homme fasse l’expérience de sa douceur. « Je suis le Pain de la vie. » Jésus se présente lui-même comme le cœur du culte qu’il inaugure. Ces paroles ouvrent donc sur un mystère infini car il n’est pas possible que ce soient des paroles d’inconscient. Si Jésus se présente comme le Fils, l’Egal du Père, il ne se présente pas comme un rival du Père. Bien au contraire puisqu’il est venu pour faire la volonté du Père. Lorsque quelqu’un veut aller à Jésus c’est parce que le Père lui-même a pris l’initiative de l’attirer. Car « La volonté du Père c’est que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Tm 2,4) Voilà quel est le vouloir du Père. Et Jésus est venu pour faire le vouloir du Père. Cependant les auditeurs murmuraient entre eux: « Qu’est-ce qu’il raconte ? Il serait le pain du ciel ? N’est-il pas de Nazareth ainsi que toute sa famille ? »
Alors Jésus les interpelle: « Ne discutaillez pas entre vous! ». Il ne s’agit pas de discuter, il s’agit de répondre à l’attirance du Père. Le Père attire chacun au cœur de son être et d’autant mieux qu’on a le cœur plus pur, et que l’on est moins encombré par la recherche de soi. Le mot pain et le mot vie reviennent cinq fois dans cette cinquième parole. Et la cinquième fois ne laisse aucun doute pour celui qui veut bien croire ce que Jésus lui dit: « Le pain que je donnerai c’est ma chair pour la vie du monde. » Jésus ne se contente pas de s’offrir à l’attention de ses auditeurs et à leur foi. Il leur propose de manger ce pain vivant qui est lui-même. Aussitôt c’est la division dans la foule et même parmi les disciples. Tous comprennent de moins en moins. Et lorsqu’ils posent la question: « Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus ne répond même pas, mais il insiste. Le pain n’est profitable que si on le mange. La parole n’est profitable que si on l’accueille dans la foi. Et la Parole c’est une personne divine devenue chair. Il est nécessaire de l’accueillir dans notre chair pour être uni à elle. C’est pourquoi Jésus emploie une expression extrêmement réaliste avec le verbe mâcher (trogein).« Celui qui mâche ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » La mâcher c’est la manger aussi activement qu’il est possible. La parole il ne suffit pas de l’entendre, il faut l’écouter attentivement, il faut s’y conformer. Sa Chair est ainsi la vraie nourriture, son Sang la vraie boisson, il est le vrai Pain comme il est la vraie Vigne. Vrai c’est à dire que tout n’a de sens qu’en lui. Les choses visibles vont disparaître mais si elles nous conduisent vers Celui qu’elles signifient, elles ne seront pas passées en vain devant nos yeux.

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18e dim ord B

août 4, 2012

Jn 6,24-35

Ce jour là Moïse était en grand danger, Aaron aussi mais surtout Moïse considéré comme le responsable de leur équipée dans le désert. En Egypte, ils étaient méprisés, traités comme des esclaves, ce n’était pas drôle tous les jours, mais il y avait si longtemps qu’ils étaient esclaves ! Ils travaillaient dur mais ils mangeaient ! Ici dans ce désert tout sec, ils allaient mourir, c’est sûr ! Mais ils ne voulaient pas mourir avant d’avoir tué Moïse à coups de pierres. La liberté c’est bien beau quand on en a les moyens, mais ils trouvaient que c’était trop cher payé. Pendant dix mois de l’année au moins, il n’y avait pas la moindre pluie. Comment cultiver le sol ? Il n’y avait pas assez d’eau pour faire mûrir le grain. Ils se disaient entre eux : « Tuons le et retournons en Egypte. » Alors, Moïse, comme à son habitude vient demander la solution au Seigneur. « Que faut-il faire, Seigneur ? Que dois-je dire à ces furieux ? » Et voici que devant l’impossibilité pour ces gens de produire ou de recueillir quelque nourriture que ce soit le Seigneur va intervenir lui-même. Il va nourrir le peuple qu’il s’est choisi et à qui il va confier une mission. Il répond donc à Moïse : « Du ciel je vais faire pleuvoir de la nourriture. Chaque matin le peuple sortira et recueillera ce qui lui est nécessaire pour la journée. » En quoi consistait cette nourriture ? On n’en sait rien. Mais ce passage enseigne que le Seigneur est Providence. Ceux qui ont confiance en lui, il ne les abandonne pas. Et cet épisode de la manne a nourri la foi des générations suivantes. « Nos pères nous ont raconté. Le Seigneur ouvrit les cieux pour les nourrir. Il fit pleuvoir la manne, le pain venu du ciel. » Nous aussi, nous sommes le peuple de Dieu. Renouvelés par le baptême, nous ne sommes plus esclaves du démon et du péché, nous sommes libres. C’est pourquoi une nourriture nouvelle nous est proposée. Et Paul insiste, nous ne pouvons plus suivre n’importe quelle doctrine. Nous devons nous laisser guider par un Esprit nouveau et des paroles nouvelles. Et notre comportement aussi doit être nouveau. Nous allons maintenant assister à une discussion qui va nous donner le sens profond de la multiplication des pains sur la Montagne. Une discussion qui va prendre quatre dimanches. Ce long chapitre 6 sur l’Eucharistie est un des sommets de l’Evangile de Jean. Le discours du pain de vie ne se présente ni comme un résumé doctrinal ni comme un ensemble de paroles provoquant l’émerveillement des gens. Et ce n’est même pas un discours à proprement parler. Ce qui nous est montré c’est Jésus qui se bat pour faire admettre un enseignement inimaginable. Tout d’abord il se laisse chercher par les gens, ce n’est pas lui qui leur va au devant. Au contraire, il les a fui. Ils n’avaient rien compris à son action, alors à quoi bon rester! Mais ils le cherchent et ils le trouvent et cela c’est un thème biblique. Quand on cherche le Seigneur, on le trouve. (Lc 11,10) Quand ils l’ont trouvé, Jésus leur reproche la mauvaise raison pour laquelle ils l’ont cherché. Et c’est sa première parole. « Vous ne pensez qu’au matériel. Mais ce n’est pas de manger du pain, surtout sans travailler, qui va vous éterniser. » Ils l’ont cherché, c’est une démarche positive. Il les accueille donc et il va s’employer à purifier leur démarche. Il oriente leur désir vers la collaboration à l’Œuvre de Dieu, celle qui rend éternel. En quoi consiste cette collaboration lui demandent-ils ? Que faut-il faire pour travailler à l’Œuvre de Dieu ? La Guerre Sainte ? C’est tout ce qu’on demande! Prends notre tête seulement. Mais Jésus demande beaucoup plus que l’obéissance d’un soldat. Il leur dit sa deuxième parole. « L’Œuvre de Dieu consiste à croire, c’est à dire à adhérer totalement et inconditionnellement à celui que Dieu a envoyé. » La foi c’est cela, c’est ne faire plus qu’un avec Jésus Christ. Lui seul est capable de travailler à l’œuvre de Dieu. L’homme seul ne peut faire que de l’humain, quand il œuvre divinement c’est pour avoir accepté de travailler en union avec le Fils de Dieu. Ainsi la foi elle-même est un travail qui fait participer le travail humain au travail du Créateur. La Foi est aussi une nourriture car elle transforme le pain périssable en vie éternelle. Elle est un miracle également car elle ouvre les yeux et les oreilles au sens des signes opérés par Jésus. Enfin elle est une obéissance à la personne même de l’Envoyé de Dieu qui donne des possibilités insoupçonnées aux œuvres humaines qui sans lui seraient vides et périssables. Ils ne sont pas convaincus. « Comment ? Tu es l’Envoyé de Dieu ? Prouve-le-nous! Fais comme Moïse. Lui, avec sa Manne, vraiment il a prouvé qu’il était l’envoyé de Dieu. Ecoute un peu l’Ecriture : ‘Il leur a donné le pain du Ciel.’ » Eh bien non ! La manne n’était pas le pain venu du ciel, et la preuve c’est que ceux qui l’ont mangée sont tous morts. Or le souci de Dieu pour les hommes c’est de les conserver en vie éternellement. Et il a un pain pour ceux dont il est amoureux et, grâce à ce pain, ils vivront éternellement. C’est la troisième parole de Jésus et dans cette troisième parole, trois mots reviennent trois fois. « pain, donner et ciel ». « Ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain du Ciel. Mais mon Père qui vous donne le vrai pain du ciel. En effet le pain de Dieu, c’est celui qui est descendu du ciel et qui donne la vie au monde. » Jésus provoque ainsi la demande qui vient tout de suite: « Seigneur, donne nous de ce pain là toujours. » Vient alors la quatrième parole de Jésus: « C’est moi qui suis le pain de la Vie. » Pour travailler à l’Œuvre de Dieu il faut une nourriture qui nous divinise et nous rende capables d’agir divinement. et cette nourriture qui divinise c’est Dieu lui-même qui se donne à manger.

15e dim ord B

juillet 14, 2012

Mc 6,7-13) 

Dieu ne crée que pour appeler, il n’appelle que pour envoyer. Il appelle qui il veut et quand il veut. Le prophète Amos en est un exemple. Il était bouvier et il traitait les sycomores pour nourrir son bétail. De plus il était membre de la tribu de Judas qui avait Jérusalem pour capitale. Et voici que Dieu l’envoie prophétiser dans les tribus du Nord, au Royaume de Samarie. C’est une mission à portée œcuménique. Dès qu’Israël a vécu la séparation entre les tribus, le rêve de Dieu a été de les réunir de nouveau en un seul peuple. La mission d’Amos ressemble un peu à celle d’un prédicateur catholique qui irait prendre du service dans une église schismatique. Car c’était cela le royaume de Jéroboam. La cour de Jéroboam était comme la cour de Louis XV, brillante et corrompue. Et le grand prêtre Amazias, aussi corrompu que les autres courtisans, officiait à Béthel. Au lieu où Jacob avait dressé et consacré une stèle après son rêve de l’échelle. Dieu choisit alors un homme du peuple. Il le choisit dans le Royaume de Judas pour interpeller les gens de Samarie. Amos n’avait pas la moindre notion de la vie de cour quand il vint à Samarie, et il raconte bien simplement ce que Dieu lui a donné de voir. D’abord une vision de sauterelles qui dévastent tout le pays, qui rongent jusqu’au dernier brin d’herbe. C’était l’anéantissement total des troupeaux jusqu’à la dernière brebis. Jacob supplie le Seigneur en faveur du peuple, et il est exaucé. Mais on ne se convertit pas pour autant, l’impiété ne cesse pas, au contraire. Alors Dieu envoie à Amos une deuxième vision, l’épée pour dévaster le pays et massacrer la maison de Jéroboam. « Que vois-tu, Amos ? » – « Je vois de t’étain ! »  Avec l’étain et le cuivre on fait du bronze, pour forger des armes. Amazias voit là une conspiration. Et son idée première c’est de chasser Amos de la région. Mais Amos proteste : « Ce n’est pas de moi-même que je suis venu ici. Je ne suis qu’un berger, je m’occupe des bovins ; c’est le seul métier que je connaisse. Mais le Seigneur m’a donné l’ordre de prophétiser à Israël son peuple. » On pense à Pierre et Jean devant le Sanhédrin. Les prêtres leur ordonnent de se taire et voici ce qu’ils répondent : « Voyez vous-même s’il est juste de désobéir à Dieu pour vous obéir à vous. Quant à nous, nous ne pouvons pas taire ce que nous avons vu et entendu. » (Ac 4,19-20) Si le Seigneur envoie son prophète c’est afin que le peuple entende ses paroles. Le prophète sera persécuté, il y laissera la vie parfois, mais la Parole parviendra toujours à ceux qui doivent l’entendre. Comme Amos, Jésus n’est pas reçu, mais la mission doit continuer. Il a averti ses disciples : « Quand on ne vous reçoit pas dans une ville, allez dans une autre. Vous ne les aurez pas toutes parcourues avant que je revienne. » Jésus est un marcheur. Il a même dit : « Je suis le Chemin. »  Pascal fait cette réflexion : « Jésus est un chemin mais un chemin qui marche. » Il donne l’exemple, s’il ne cesse jamais de dire ‘Suis-moi’ ou ‘Je t’envoie’ Il accompagne toujours ceux qu’il envoie. Et il n’appelle personne si ce n’est pour l’envoyer. A ceux qu’il envoie il donne les mêmes pouvoirs que les siens. Pouvoir sur les démons, pouvoir sur les maladies. Et avec les pouvoirs, des conseils pour leur vie missionnaire. L’envoie en mission c’est lui qui en a l’initiative, les douze sont ses délégués. Il les envoie deux par deux afin que leur témoignage soit celui de deux témoins, et pour qu’ils puissent vivre l’amour fraternel, en fils du même Père. Le départ en mission deux par deux sera pratiqué dès le début par les missionnaires. Et le pouvoir qui leur est donné est toujours un signe de l’authenticité de leur mission. Enfin puisque Jésus accompagne invisiblement ses envoyés il leur demande d’emporter le minimum. Marc conseille le bâton, de même que les sandales. Le bâton, en Italie,  sert à marcher seulement. Tandis qu’en Israël c’était l’insigne du prophète et c’est pourquoi Matthieu et Luc l’interdisent. Jésus veut que ses envoyés restent simples, que rien ne les distingue du reste du peuple. Quant aux chaussures, Matthieu et Luc parlent des « hypodèmata » qui sont des chaussures fermées et lacées, il les déconseillent. Tandis que Marc conseille les « sandalia » que l’on peut rejeter d’un geste avant d’entrer dans l’intimité d’une maison. En Orient l’hospitalité ne coûte pas cher. L’hôte apporte sa natte et sa couverture et au moment où tout le monde va se reposer il étend sa natte à l’endroit qui lui a été indiqué. Et s’il est bien éduqué, il ne gêne personne. Dans ces conditions il est discourtois de quitter une maison pour aller dans une autre. Quelle est la signification de ce conseil : « Quand vous êtes mal reçus,  sortez après avoir secoué la poussière de vos pieds. » On nettoyait ses chaussures en revenant de chez les païens. Cela équivalait donc à une malédiction. Comme si l’on disait : « Je n’ai rien de commun avec vous. » Quant aux onctions sur les malades, c’était un geste très parlant. Accompagnées des paroles, ces onctions étaient le signe de l’action de Dieu qui pénètre  le malade avec la puissance de l’huile. Dans l’Ancien Testament l’huile qui fortifie et le vin qui rend joyeux ont toujours représenté l’Esprit Saint. Que l’Esprit Saint envahisse le monde, le fortifie et le comble de joie, c’est le désir de Jésus et le but de la mission. 

 

13e dim ord B

juin 30, 2012

  Mc 5,21-43

Dès les premières paroles, l’auteur du livre de la Sagesse traite du thème de la mort. Mais pas de la mort corporelle. La mort corporelle, pour lui, ce n’est pas la mort, ce n’est que le passage vers une autre manière de vivre. La mort, d’après le livre, est d’ordre spirituel. Dieu n’a pas créé la mort, car la mort c’est seulement la négation de la vie. La mort c’est ce qui n’est pas. Dieu a créé les hommes, il les a créés à son image, à l’image de ce qu’il possède en propre. Et ce que Dieu possède en propre c’est d’abord la vie éternelle. Or le diable hait Dieu mais s’il ne peut rien contre lui, il a le pouvoir de tourner autour de l’homme pour le séduire. Et comme il est jaloux de cet homme à qui la vie éternelle est proposée, son désir c’est de détruire l’image de Dieu qui est en lui. Et de le pousser à rendre impossible en lui-même la présence sanctifiante de Dieu. Il s’efforce pour cela de le tromper, de lui montrer, une fausse image de Dieu, de l’attirer vers une indépendance qu’il appelle liberté et qui n’est que coupure avec la vie. Il lui suggère des actions qui sont incompatibles avec l’amitié de Dieu. Ceux qui se laissent tromper sont les ennemis de leur propre vie car c’est au juste que la vie appartient. Paul explique comment vivre en juste. C’est en aimant son prochain comme soi-même, en aidant ceux qui ont besoin d’aide. Il ne dit pas qu’il faille se dépouiller de ce que l’on a pour enrichir ceux qui n’ont rien. Il demande seulement de partager afin que chacun ait de quoi subsister. Vivre dans l’amour du prochain c’est faire reculer la mort. C’est la charité qui change le deuil en une danse. C’est l’amitié confiante avec Dieu qui donne à la vie tout son éclat. Le chef de synagogue dont parle l’Évangile en a fait l’expérience. La foi vécue envahit l’homme de la puissance de Dieu. Ce chef de synagogue qui vient à Jésus ne lui donne aucun titre, il ne l’appelle même pas Rabbi. Mais ce qu’il lui demande n’est possible qu’au Messie qui vient instaurer le Royaume des cieux. Sauver une petite fille qui n’a plus que quelques minutes à vivre. Il tombe à ses pieds. « Ma petite fille va mourir. Viens impose lui les mains et elle vivra. »  La foule autour d’eux est agitée. Et une femme profite de ce brouhaha. Elle perd son sang depuis 12 ans. Impure selon la loi, elle rendait impur tout ce qu’elle touchait. La durée de son mal établit un lien avec la jeune fille qui avait douze ans d’âge. Marc en profitera  pour mettre en relief la supériorité de la parole de Jésus sur la science des médecins. Par pudeur elle ne demande pas à Jésus de la toucher, mais c’est elle qui le touche à la dérobée, par derrière. On assiste là, chez cette femme, à un acte de foi extraordinaire « Si je parviens à toucher son vêtement, dit-elle, je serai sauvée ! »  Elle demande la guérison mais elle aura mieux encore, elle sera sauvée. Cette guérison est le terme d’une démarche de foi qui est la foi en Dieu présent et actif dans la personne de Jésus. Jésus le lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. » Thygatèr, è pistis sou sésoken sé. Et il parle au passé. Elle était déjà sauvée par sa foi. Maintenant, sauvée et guérie, la femme est réintégrée dans le Peuple de Dieu. On peut noter aussi que cette femme qui se cachait à cause de sa maladie, l’avoue publiquement, elle perd toute honte. Ce qui veut dire qu’elle est totalement délivrée. Cependant son intervention a retardé l’arrivée de Jésus auprès de la petite malade qui vient de mourir.  Le miracle n’en sera que plus éclatant. Il dit à Jaïre: « Ne crains pas. Crois seulement. » C’est la condition. Tiens bon dans la foi qui t’a amené vers moi pour solliciter la guérison de ta fillette. Il éloigne la foule. Il l’avait bien supportée jusqu’à présent mais maintenant il n’en veut plus, il veut garder le mystère. Puis il prend avec lui Pierre Jacques et Jean comme dans les deux autres grands moments de sa vie, la Transfiguration et l’Agonie. Ce sont les trois grands parmi les quatre appelés du début. On va lire à la fin du récit que Jésus demande le secret sur la Résurrection de cet enfant. C’était pourtant difficile à cacher. Aussi a-t-il dit aux joueurs de flûte et aux pleureuses : « L’enfant n’est pas morte. Elle dort. » Il faut bien noter que les gens ne le croient pas et Jésus les jette dehors. Il ne garde que le père et la mère  avec ses trois intimes. Parce que cet instant est décisif, il veut des témoins ayant autorité. Quand le moment sera venu ils témoigneront que même pendant sa vie mortelle Jésus  est maître de la mort comme de la maladie. Les paroles que dit Jésus pour donner à l’enfant l’ordre de se lever, Marc les a si bien appréciées qu’il les donne en araméen pour en faire goûter toute la saveur. « Talitha ! Qoum ! » Talitha signifie ‘Petite brebis’, et ‘qoum’ quand on s’adresse à une fille ne signifie pas ‘Lève-toi’ mais ‘Debout’. On peut ainsi apprécier la tendresse et l’autorité de ce Jésus qui prend la main de l’enfant et lui dit ‘Debout ! Petite brebis’. Et elle se met à marcher. « Donnez  lui à manger », ajoute-t-il. On a vu dans cette résurrection l’image du baptême et dans l’ordre de lui donner à manger une allusion à l’Eucharistie. Mais à travers ce récit, l’évangéliste adresse à ses lecteurs deux messages indissociables l’un de l’autre. Le premier montre la différence qu’il y a entre Jésus et les autres thaumaturges. Dans l’A.T. Elie et Elisée ont fait un miracle semblable, mais après beaucoup de paroles et de gestes. Jésus dit une seule parole et l’enfant vit, se lève, et marche. Quant au deuxième message c’est que le miracle est la réponse à une démarche de foi. Jaïre et la femme qui perdait son sang sont porteurs du même message. A qui veut bénéficier des dons de Dieu il est toujours demandé de donner la même foi.

11e dim ord B

juin 16, 2012

 Mc 4,26-34) 

Tout ce qui est destiné à croître commence tout petit, et le Royaume de Dieu ne fait pas exception. Ce que Dieu met en route parvient à son but infailliblement en dépit de tous les obstacles. C’est sûr, c’est certain, et c’est cette certitude qui constitue la vertu d’Espérance. Les obstacles à l’action divine viennent toujours de la liberté de l’homme, et Dieu en a raison, non par la contrainte car une liberté ne se contraint pas, mais par la séduction. Pour cela il lui faut du temps, et avec le temps, toute la puissance de son amour. Car si Dieu est éternel, l’homme est créé dans le temps. Il lui faut du temps à l’homme, pour comprendre combien il est aimé et ce que Dieu attend de lui. L’époque d’Ezéchiel est un temps de souffrance pour Israël, le pays est comme un cèdre renversé par la tempête. Déjà en 701 il y avait eu la terrible invasion de Sennachérib qui avait annexé 46 villes. Humainement, tout semblait perdu. C’était un grand arbre arraché qui ne pouvait pas être redressé. Mais voici que Dieu s’est conservé un petit reste au milieu des massacres et des ruines. C’est ce qu’il a dit, 200 ans plus tôt, à Elie dans une vision. « Je me suis réservé 7000 hommes qui n’ont jamais plié le genou devant Baal. » (1R 19,18) C’est dire qu’à partir du nombre symbolique de 7000 fidèles sujets, le Royaume de Dieu devient de jour en jour plus vigoureux. Avec Ezéchiel, ce Royaume ruiné est comparé à un cèdre abattu. Mais à la pointe de cet arbre couché, il y a une petite branche tendre et pleine de vie toute chargée d’avenir. Un petit rameau que Dieu a recueilli pour le transplanter lui-même sur la Montagne, tout près de lui. Israël n’a jamais perdu espoir en son Dieu. Israël c’est la patrie de l’Espérance. Au cours de ses pires moments, parmi la multitude des apostats, il y a toujours eu ce petit reste, ces 7000 hommes qui n’ont jamais plié le genou devant Baal. Et le psalmiste chante : « Le juste se dressera comme un palmier. Il grandira comme un cèdre du Liban. Planté dans la maison du Seigneur, il poussera dans les parvis de notre Dieu. » Mais le juste n’est pas, comme un palmier, déterminé à grandir. Il est libre et correspond plus ou moins bien à l’amour que Dieu a pour lui. C’est donc au dernier jour, dit Saint Paul, que sa vraie taille sera connue, qu’il recevra le prix de ce qu’il aura fait, bien ou mal, durant sa vie. Voici maintenant une parabole que Saint Marc est seul à rapporter. La parabole du grain jeté en terre et qui pousse tout seul par son propre dynamisme. Le grain c’est le Royaume. « Il en est du Royaume comme d’un homme qui jette le grain. » Non pas du grain mais ‘le Grain’ (ton sporon) avec l’article. La leçon c’est que les forces humaines sont incapables de faire grandir le Royaume. C’est encore la théologie de Paul. « J’ai planté, Apollos a arrosé, c’est Dieu qui a donné la croissance. » (1 Co 3,6) Ce n’est pas le disciple qui est en mesure d’assurer la croissance de l’Eglise. Ce que le disciple peut et doit faire c’est planter et arroser. Puisqu’il peut le faire il le doit. Dieu ne le fera pas à sa place. Puis Marc fait mention de la faucille qui symbolise le jugement dernier. La faucille c’est la moisson, c’est la récompense du travail depuis le premier labour. « Autre est le semeur, autre est le moissonneur mais au jour de la moisson, le semeur se réjouira avec le moissonneur. » (Jn 4,36-37) Il ne faut pas plaindre ceux qui ont pâti sans voir le fruit de leur travail. Il ont vécu dans l’Espérance et l’Espérance ne déçoit pas. Ce n’était pas seulement eux qui travaillait mais le Seigneur à travers eux. Le travail acharné c’est un don de Dieu. Faisons confiance, donne c’est parce qu’il veut nous exaucer. Si nous persévérons toute une vie sans rien voir, notre persévérance même est la preuve que Dieu nous a non seulement entendus mais que c’est lui qui a inspiré notre prière. Saint François disait qu’il y a de grands prédicateurs qui croient être les auteurs de la conversion d’un grand nombre de gens. Au jour du jugement ils seront bien déçus en voyant leur nullité. Ce qu’ils croient être leur œuvre est en fait l’œuvre d’un humble frère qui priait avec ferveur. Ils étaient le cèdre altier qui écrasait tout le monde de sa faconde et de sa science. Mais le cœur du frère toujours plongé en Dieu, c’est lui la haute montagne. C’est sur lui que le rameau tendre du cèdre va grandir car c’est sa prière qui a permis à Dieu de lui donner la vie. Marc constate déjà qu’au moment où il écrit, l’Evangile s’étend sur tout le pourtour de la Méditerranée.  Et les oiseaux qui viennent s’abriter dans les branches de l’arbre, ce sont les pauvres, les esclaves, les sans droit. La nouveauté de l’Evangile est leur seule espérance. Ainsi le cèdre altier c’est Israël. Le rameau tendre, la Fleur d’Israël, le Christ. La haute montagne, le lieu où l’on peut rencontrer Dieu, ce sont les priants, les souffrants, les humbles, ceux dont le cœur est plein d’amour, et qui permettent au Père de donner la vie au monde. Jésus est Dieu, Dieu est Amour. Lorsque l’Amour s’installe il finit toujours par avoir l dernier mot. Jésus continue de nous dire : « N’ayez pas peur, j’ai la victoire sur le Monde. » Ainsi donc, allez, annoncez ! Annoncez le Royaume avec vos humbles moyens mais sans timidité. Marc souligne les limites des auditeurs de Jésus incapables de comprendre. Mais Jésus prenait ses disciples à part pour tout leur expliquer. Plus tard, il leur a envoyé son Esprit et, pour eux, tout est devenu clair.

PENTECÔTE

mai 26, 2012

Jn 20,19-23)

Ils étaient là à attendre le don de Dieu que Jésus avait promis avant de disparaître. Il leur avait dit : « Ne quittez pas Jérusalem avant d’avoir reçu ce que le Père a promis. » Et ce don leur permettra de témoigner de lui dans toutes les nations qui sont sous le ciel. Ce don c’est Dieu en personne, c’est l’Esprit Saint qui vient envahir le cœur, le corps et l’esprit de tous ceux qui se sont donnés à lui. Voilà le don merveilleux que Jésus envoie aux siens. Il se passe ce jour là le contraire de ce que l’on avait vu lors de la construction  de la Tour de Babel. Ces hommes qui avaient le cœur plein d’orgueil, c’est à dire vide de tout amour, ne pouvaient plus se comprendre. C’est en ce sens que Dieu divisa leur langage. Parce que dans les livres saints, Dieu est considéré comme ‘cause première’ de toute action, des mauvaises comme des bonnes. C’est en Dieu que nous puisons notre faculté de faire ou de dire ceci ou cela. C’est ainsi que, dans le livre de l’Exode,  Dieu endurcit le cœur de Pharaon. Ici, il vient et il brouille leur langage. Ils ne tenaient plus compte de la Loi de Dieu et n’avaient qu’un rapport très lointain avec lui. Et c’est alors qu’entre eux, entre chacun d’eux, une barrière s’était dressée. Ne se comprenant plus ils ne pouvaient rien faire en commun. Ils se sont donc séparés. Et au cours des siècles, Dieu suscita des sages, des hommes généreux, des hommes humbles, des hommes de vie intérieure qu’il inspirait et qui parlaient au peuple. Mais comme ces hommes là dérangeaient, ils ne vivaient jamais longtemps.  Leur récompense était d’aller au ciel tout droit après avoir donné leur vie douloureusement parfois à cause de leur témoignage. Mais leur sang n’a pas été versé inutilement car la vie en accord avec Dieu se concrétisait peu à peu et pas seulement en Israël. Un peu partout dans le monde, il y a eu de beaux exemples de bonté, de pure générosité, de charité. Jusqu’au moment où les hommes se sont trouvés prêts à accueillir leur Créateur devenu l’un d’entre eux  en Israël, cette terre où Dieu a choisi d’habiter. Il est venu lui-aussi comme prophète et a eu le sort de tous ceux qui dérangent. Et comme ses prédécesseurs, il a réussi sa mission en donnant sa vie. C’est ainsi qu’il est devenu source de vie pour tous ceux qui lui obéissent. Ceux là il les envahit de sa chair et de son souffle. Cela c’est la première résurrection, c’est la vie dans l’Esprit. Et l’union de la chair ressuscitée du Christ avec notre chair mortelle est une promesse de résurrection pour notre chair elle même au dernier jour. C’est une promesse de vie en Lui qui continue après cette vie. Marie-Madeleine envoyée par son Maître aux apôtres réunis est venue accomplir sa mission: « Je l’ai vu, leur dit-elle,  et voilà ce qu’il m’a dit. » Ils ne l’ont pas tout à fait crue mais le rôle de Marie Madeleine n’était pas de le leur faire croire. Son rôle était de témoigner. La foi c’est l’œuvre de l’Esprit en celui qui l’accueille. Le même soir ils étaient prudemment réfugiés dans une maison amie. Portes et fenêtres étaient verrouillées par crainte des juifs. Malgré les nouvelles apportées par Pierre et Jean, ils ont peur. Et tout à coup voilà Jésus qui leur devient visible. Ils ne savaient pas qu’il était là, invisible au milieu d’eux. Maintenant ils le voient. Il parle à leur cœur en leur disant « Shalôm alékhem » parce que c’est dans le cœur que réside la paix. Cette paix des temps messianique c’est le don suprême annoncé par les prophètes. Elle est accordée grâce aux souffrances du Serviteur. « Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui. C’est par ses blessures que nous somme guéris. » (Is 53,5) Il a dû souffrir, cet homme de Dieu dont parle le second Isaïe et dont la vie annonce le Messie! Voilà pourquoi, lorsque Jésus se manifeste parmi eux il ne se contente pas de leur souhaiter la paix, il la donne. A peine l’ont-ils vu qu’il les envoie, il leur insuffle son Esprit. Et c’est pour cela, c’est pour les envoyer qu’il leur donne son Esprit, ce n’est pas pour les enfermer dans son souvenir. Notre Seigneur s’appelle Lui-même un chemin, mais c’est un chemin qui marche. A peine incarnée dans la Vierge Marie, la Parole de Dieu s’est aussitôt mise en route pour aller chez Zacharie sanctifier Jean Baptiste. Et elle continue. Jésus est un marcheur, il va prêcher de ville en ville et même hors de la frontière.  Et comme compagnons il ne veut que des marcheurs. Qu’il envoie comme le Père l’a envoyé, et à qui il donne l’Esprit qui procède du Père. Il souffle sur eux en disant: « Labètè pneuma agion» Recevez le Souffle Saint. Le souffle que Jésus a rendu sur la Croix c’est le Souffle de Dieu, c’est l’Esprit Saint. Et ce don de l’Esprit est étroitement lié à la mort et à la Résurrection de Jésus-Christ. Luc qui situe la venue de l’Esprit cinquante jours après Pâques établit la même relation sous forme d’une promesse de Jésus à ses disciples au soir de Pâques. Ce don de l’Esprit transmet les pouvoirs divins aux apôtres dont le premier est le pouvoir de réconcilier avec Dieu, de remettre les péchés. Mais que signifie cette formule: « Ceux à qui vous remettrez les péchés ils leur seront remis, ceux à qui vous les maintiendrez ils leur seront maintenus. » Or la mission de Jésus est toute orientée vers le salut. Il s’agit d’un parallélisme biblique: L’affirmation d’une totalité en l’exprimant par deux verbes contraires. Il ne s’agit pas du pouvoir judiciaire. Cela veut dire : « C’est à vous, c’est à vous seul que je donne le pouvoir de remettre les péchés. Si vous ne le faites pas, personne ne pourra le faire à votre place. » Mais à qui ne désire pas le pardon de ses péchés, il n’est pas demandé aux apôtres de le leur imposer. Pour recevoir le pardon de ses péchés il y a une condition absolue c’est le repentir et le désir d’être pardonné.

Jeudi de l’Ascension du Seigneur

mai 16, 2012

 Marc 16,15-20. 

L’évangile selon Saint Marc se termine assez tragiquement. Les femmes reviennent du tombeau ouvert, se cachent et ne disent rien à personne car elles avaient peur. Alors l’Eglise a voulu ajouter quelque chose de très important. D’abord que Jésus Ressuscité domine toute la Création c’est pourquoi il donne l’ordre d’annoncer l’Evangile par toute la terre. Quant au baptême il ne donne pas d’importance à ce rite en tant que rite. Pour Marc comme pour les autres évangélistes, ce qui compte c’est l’adhésion à Jésus, le reconnaître comme Rédempteur et Sauveur. Comme les apôtres qui n’ont pas eu besoin d’être baptisés parce qu’ils étaient plongés dans l’événement. Le seul apôtre baptisé c’est Paul parce qu’il est venu après. Et la dernière intervention de Jésus auprès d’eux c’est pour les secouer, les traiter de têtes dures et d’incrédules. Pour croire, il leur a fallu toutes les preuves possibles. Ils les ont eues, c’est pourquoi Jésus leur dit : « Et maintenant, allez partager au monde entier tout ce que vous avez reçu. » Paul dira : « Tous ceux qui auront refusé de croire à la vérité et pris parti pour le mal… » (2 Tss 2,12) Refuser de croire à la Vérité c’est prendre parti pour le mal. Enfin voici Jésus enlevé au ciel pour prendre le même chemin qu’Elie. Et cela sans qu’il y ait de séparation entre lui et ses apôtres. Il travaillait avec eux. Comme son Père confirmait sa parole par des signes, c’est par des signes qu’il confirmait la parole de ses apôtres. « Ils chasseront les démons. » Là où un chrétien vit sa foi de tout son cœur, le démon ne peut pas s‘installer. Ste Thérèse de l’Enfant Jésus disait : « Le démon est rempli de terreur à la vue d’un enfant innocent. » Pourquoi ? Parce qu’un enfant innocent c’est la demeure de l’Esprit de Dieu. « Ils parleront un langage nouveau. » C’est le langage de la charité.  Ici, le mot langage prend un sens plus large que celui d’un échange de paroles, il s’agit plutôt de relation. Le disciple de Jésus aime son prochain comme lui-même, voilà le langage dans lequel il s’adresse à lui. « Ils prendront des serpents dans leurs mains. » On ne pourra pas tenir avec eux des propos médisants ou calomnieux. Pas de ‘langue de vipère’ parmi eux. « S’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal. » Les doctrines fausses n’auront pas cours parmi eux. La foi d’une personne simple est sans danger si elle est amoureuse de son Dieu. « Ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci s’en trouveront bien. » L’Eglise a un sacrement spécial, l’onction des malades. N’importe quel prêtre peut témoigner de ce que le malade ressent après cette onction reçue dans la foi. Et même les laïques qui se réunissent pour prier près d’un malade, expérimentent la présence active de Jésus au milieu d’eux. Jésus termine sa mission en envoyant ses disciples pour le représenter partout. Et ensuite il « fut enlevé au ciel ». Qu’est-ce à dire ? Tout simplement qu’il disparut, ils cessèrent de le voir de leurs yeux mais ils étaient remplis de joie car Jésus était toujours là. Mais au lieu d’être devant eux il était en eux. Il remplissait leurs cœurs, en leur faisant partager sa joie. Ils ne savaient plus que faire, ils regardaient partout, pas de Jésus nulle pa rt. Et pourtant ils étaient très heureux et sans savoir pourquoi. Il a fallu que Jésus leur envoie un ange pour leur dire de ne pas s’inquiéter. « Il reviendra, et par le même chemin. » Ils reviennent donc à Jérusalem, pleins de joie et commencent d’annoncer la Bonne Nouvelle selon le commandement qui leur a été fait. Ensuite ce fut dans les autres nations et de plus en plus loin, si bien qu’aujourd’hui il y a des communautés chrétiennes partout, dans tous les pays.

3e dim Pâques B

avril 21, 2012

Luc 24,35-48.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            Tous Tous les jours, ce malade était assis devant la « Belle Porte » à Jérusalem. Il passait là ses journées à demander l’aumône. On l’apportait le matin, on le remportait le soir. Ses jambes étaient mortes, paralysées, il ne s’était jamais tenu debout de toute sa vie. Pierre et Jean viennent, ce jour là, prier au Temple, ils n’avaient pas la moindre pièce pour lui faire l’aumône, mais ils avaient beaucoup mieux. C’est ce que dit Pierre au malade : « Je n’ai ni or ni argent mais ce que j’ai je te donne. Au Nom de Jésus de Nazareth, lève-toi, tiens-toi debout sur tes pieds. » Pour la première fois de sa vie, cet homme entendait de telles paroles, mais il y cru immédiatement. Il savait que Pierre ne se moquait pas de lui et qu’il pouvait se lever. Alors il se lève,  il bondit plutôt, et commence à gambader. De tels actes ressemblaient trop à ceux de Jésus pour qu’on laisse aller ces deux hommes sans les interpeller. Lorsque Jésus faisait des miracles on lui demandait un signe dans le ciel pour montrer qu’il en avait le droit. Or le disciple doit passer par le même chemin que le Maître. Pierre est appelé devant les autorités et mis en demeure de s’expliquer. « Qui es-tu pour faire des choses pareilles ? » Et Pierre répond : « Lorsque vous avez commis ce crime en crucifiant Jésus de Nazareth vous pensiez être débarrassés de lui. Eh bien vous n’avez pas fini d’en entendre parler. » Car Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins. Et c’est en son Nom que nous avons guéri cet homme qui maintenant marche devant vous. Pilate voulait le relâcher, mais vous le haïssiez au point d’exiger sa mort. Cependant vous ne saviez pas ce que vous faisiez et vos chefs non plus. Convertissez-vous donc maintenant et revenez à lui. Comprenez la parole du prophète : « C’est par ses blessures que nous sommes guéris. » Si vous l’appelez il vous entendra et son visage s’illuminera sur vous. Pratiquez ses commandements, vous saurez ainsi que vous l’aimez. Et vous pourrez lui demander tout ce que vous voudrez. Il est tout puissant maintenant, car Dieu a agréé son sacrifice. C’est par lui que nos péchés sont pardonnés. Les nôtres, et ceux du monde entier. C’est sur la route qui va de Jérusalem à Emmaüs que deux disciples ont appris cela. Jésus qui les avait rattrapés, marchait à coté d’eux. En l’écoutant, leurs cœurs étaient tout brûlants. Et ils ont été dynamisés de telle sorte que le chemin qu’ils venaient de faire avec Lui en descendant, ils l’ont repris à la montée. Mais Jésus qui n’était plus visible  était dans leur cœur. Ils sont arrivés ainsi dans la nuit à Jérusalem. Ils entrent au Cénacle où les apôtres et quelques femmes sont rassemblés. Et c’est alors qu’ils font une expérience qui est à proprement parler fondatrice. Et qui les constitue témoins autorisés. Jésus vient au milieu d’eux et leur dit : « La paix sur vous ! Shalôm alékhèm. »  Et c’est très important que Jésus ait dit à toute son Eglise rassemblée et en propres termes: « Paix à vous! » « Il est notre Paix, » dit le prophète Malachie, son salut n’est pas une simple formule de politesse , c’est un souhait et un souhait qui deviendra réalité lorsque le temps sera venu, lorsque son Eglise aura suffisamment cheminé à travers des luttes de toutes sortes. Cette paix, ce sera l’état de perfection. Les versets suivants sont importants, eux aussi. Que Luc, un grec, ait parlé de ce Jésus ressuscité mangeant et buvant avec eux, cela montre sa certitude absolue que Jésus est vraiment ressuscité. Comme s’il disait: « C’est impossible, c’est incroyable, mais c’est vrai! » Il était mort, il ne restait plus une goutte de sang dans son corps, et malgré cela, il nous est apparu vivant, nous l’avons touché, nous avons vu la place des clous dans ses mains, dans ses pieds, et le coup de lance du cœur. Et il s’est mis à table avec nous. Pourquoi Jésus leur a-t-il donné ce signe d’un homme qui mange avec eux.  C’est pour leur montrer qu’il est vraiment ressuscité, qu’il a prise sur ce monde dont il s’assimile la substance. Voilà qui est inadmissible pour ces rationalistes que sont les juifs, les musulmans et beaucoup de chrétiens. Dieu s’est vraiment fait homme. Parce qu’il lui était impossible de nous sauver en respectant notre liberté s’il ne devenait pas Lui-même l’un de nous. Et pour devenir l’un de nous il a eu besoin de nous. Si Marie avait dit Non, il n’y aurait pas eu d’incarnation. Et Dieu ne serait pas allé en chercher une autre puisque c’est elle qu’il aimait. Dieu n’est pas le Tout Puissant qu’on croit, il est le Tout Puissant en Amour. Et son amour est de telle sorte qu’il ne se décourage jamais. Il est comme l’eau, la plus douce des créatures et la plus puissante. Elle déborde des barrages,  use les rochers,  creuse les vallées. L’Amour de Dieu est bien plus doux et plus puissant que l’eau. Et son respect de la créature n’a pas d’égal. Cette créature qu’il veut séduire avant de s’unir à elle. Ce n’était pas évident pour Jésus d’aller à la croix. Il a fallu que Moïse et Elie viennent lui parler le jour de la Transfiguration. Lui parler de sa montée à Jérusalem. Ce Jésus que trois apôtres ont vu au Thabor transfiguré a été peu de temps après un condamné sans force, torturé, humilié. Et le voilà maintenant au milieu des siens. Il rayonne le bonheur et leur montre que la résurrection est possible. Qu’ils ressusciteront un jour. Leur corps si lourd deviendra comme le corps ressuscité de Jésus, spirituel, léger, et pourtant construit avec de la peau, des os et tout le reste. La mort n’est pas une délivrance du corps, la mort c’est un passage, et notre corps sera de la fête. La joie est complète ou elle n’est pas. L’Homme n’est complet qu’avec son corps, c’est pourquoi Jésus est passé dans la gloire avec son corps. Et nous serons bientôt avec lui, avec notre corps..

Rameaux, année B

mars 31, 2012

Marc 11,1-10 

Celui que l’on appelle Le second Isaïe n’est pas le jeune homme qui annonçait au roi Achaz la naissance prochaine d’un fils. Qui deviendrait « Dieu avec nous ». Ce second Isaïe est venu 200 ans plus tard, au temps de la déportation. Il a été emmené aux pays du Nord avec ses compatriotes déportés comme lui. Mais son cœur était en paix. Tout donné à Dieu, il était grand ouvert à toutes les créatures de Dieu. Il regardait les assyriens non comme des ennemis à détruire mais comme des hommes que Dieu aimait car il les avait créés. Ainsi, il parle à tous ces gens de Celui qu’ils ne connaissent pas encore, il veut que le monde entier devienne disciple du Dieu qui a pris son cœur. Et voici que chez les assyriens un certain nombre rejette les idoles et se met à adorer le Dieu d’Israël. Les intégristes de Jérusalem sont scandalisés. Cet homme est un traître, disent-ils. En faisant des assyriens des fidèles de Yahvé, il les a mis sous sa protection. Ils ont donc attendu le retour des déportés, et dès que le prophète est apparu à Jérusalem, il a été arrêté, battu, torturé. On lui a arraché la barbe pour lui enlever le droit d’enseigner. Ses disciples racontent son courage. A travers eux c’est lui qui témoigne : « Le Seigneur m’a donné une âme de disciple pour qu’à mon tour, je puisse instruire mes frères. » Mon premier souci était de se mettre à l’écoute, le désir de Dieu ne me quittait pas. Maintenant, peu importent les souffrances. J’ai présenté mon dos à ceux qui me fouettaient, et mon visage à ceux qui m’outrageaient. Ils se moquaient de lui : « Tu es l’ami de Dieu, disaient-ils, eh bien qu’il vienne te délivrer. Qu’il t’arrache de nos mains puisqu’il est ton ami. »  Et c’est ce qui se passait justement ! Le Seigneur était là, dans son cœur. Il lui donnait la patience, la force de faire face, de ne pas baisser les yeux, de souffrir sans révolte et sans haine. Cinq cents ans plus tard, celui qu’il annonçait souffrait à son tour. Et lui aussi était sans révolte et sans haine. Il a montré ainsi qui il était, de condition divine comme dit Saint Paul. Mais pour l’honneur de ses fidèles, il a voulu, avant de mourir,  que l’on rende hommage à son titre de Messie. Il a voulu entrer comme un Roi – Messie dans la Ville Sainte. Le moment de laisser proclamer sa royauté était arrivé. Jusqu’à ce moment Jésus était le Messie caché. Les gens le devinaient mais la plupart attendaient un  messie temporel.  Même ses disciples qui attendaient un coup d’état. Ils désiraient que Jésus prenne le pouvoir et leur donne un rôle à chacun. Au lieu de cela, il leur parle de son rejet, de ses souffrances, de sa mort. Il leur parle même de sa Résurrection mais ils ne l’ont pas compris.  Et voici que ce jour là, Jésus accepte non seulement d’être appelé Messie mais il prépare lui-même son triomphe.  Il vient pour apporter la paix, mais il va rencontrer tant de sclérose, il va se heurter à un tel refus que son arrivée parmi les marchands du Temple provoquera un grand branle-bas. Toute visite de Dieu provoque une purification c’est à dire un passage par le feu. Et le feu qui brûle en Jésus c’est l’Esprit de Dieu. Venant de Jéricho ils approchent de Jérusalem et ils arrivent à Bethphagé. C’est alors que Jésus envoie ses messagers pour lui amener une monture. Un âne, un ânon que personne n’a encore monté. Cela montre le caractère sacré de la mission de Jésus. Ce qui est offert à  Dieu doit être neuf.  N’avoir jamais servi. Et l’extraordinaire,  et qui est inhabituel chez lui, c’est qu’il se fait appeler Seigneur. « Si l’on vous demande pourquoi vous détachez cet ânon vous direz que le Seigneur en a besoin et qu’il le renverra. »  Marc peut donc donner le titre de Seigneur à Jésus qui se présente en Roi très humble. « Ton Roi revient, monté sur un ânon. » Et la mort sur la croix lèvera bientôt toute équivoque sur le messianisme. La monture de Jésus n’est pas celle des rois guerriers et, de plus, c’est la monture des rois d’Israël.         Mais ce roi pacifique, monté sur un âne, brisera l’arc de guerre. Il proclamera la paix. (Za 9,9-10) Les gens viennent de partout, ils sont affairés, ils étendent leurs manteaux, ils font un tapis pour le Messie mais c’est un tapis de pauvre. Ce sont des pauvres qui l’honorent avec tout ce qu’ils ont. Leurs manteaux, qu’ils reprendront ensuite. Quant à la description de la marche triomphale et du cri de Hosanna, elle a été inspirée par le psaume 117.  « Donne Seigneur le salut. Donne Seigneur la victoire. » (Anna, Adonaï, °ochi°a na!  Anna, Adonaï  hitselîha na!) C’est une célébration de la victoire du Christ sur ceux qui cherchent à l’abattre. Marc conclura la parabole des vignerons homicides par un autre passage du même psaume. « Béni soit le Règne de notre père David » ne se trouve que dans Marc et c’est une citation du Livre de Samuel. (2 S 7,12-16) Mais la victoire de Jésus ce n’est pas de s’être fait acclamer dans les rues. Sa victoire a commencé à Gethsémani quand il a dit à son Père malgré la peur de ce qui l’attendait : « C’est d’accord, Père, je témoignerai jusqu’au bout et quoi qu’il puisse m’en coûter. » En d’autres termes : « Que ta volonté soit faite et non la mienne. » Et le lendemain à la neuvième heure, il a pu dire: « Tout est consommé, j’ai réussi. »

4e dimanche de carême

mars 17, 2012

Jn 3,14-21 

Le péché est un drame pour Dieu d’abord. Dieu est Créateur et père. Il a mis ses enfants au Monde pour qu’ils y soient heureux. De les voir se détruire eux-mêmes remplit son cœur de pitié. Mais la liberté de choix qu’il leur a donnée est, pour lui, un absolu. Même s’il s’agissait de leur éviter la souffrance, il ne peut pas les priver de cette liberté sans se renier lui-même. En ce temps là, le Peuple de Dieu s’enlisait de plus en plus dans les pratiques païennes, dont l’une des plus abominables était bien le sacrifice des petits enfants brûlés vifs en l’honneur d’une divinité de Canaan. Dieu a donc suscité des prophètes qui prêchent, enseignent, menacent.  « Vous allez récolter ce que vous êtes en train de semer !  Vos violences, vos injustices ne peuvent pas vous apporter la paix. » Mais ils parlaient à des sourds. A tous les niveaux de la société, les envoyés de Dieu étaient bafoués, persécutés et souvent assassinés. Et le dernier roi d’Israël, Sédécias, était peut-être le pire de tous. Roi à 21 ans, son impiété totale l’a privé de toute sagesse, et l’a conduit à devenir responsable du malheur de son pays. Il avait promis fidélité au roi d’Assyrie, et lui devait le tribut. Et le voilà qui, sans même en avoir les moyens, décide de se révolter. Ce qui suivit, peut faire penser à la rupture d’un barrage. Les armées assyriennes déferlent sur Israël, Jérusalem est prise, les habitants massacrés, les petits enfants arrachés des bras de leur mère pour être assommés, le crâne brisé sur le sol, et piétinés. Le temple, vidé totalement de ses objets précieux, est incendié ainsi que le palais et toute habitation de quelque importance. Les remparts démolis, et les habitants que l’épée avait épargnés sont réduits en esclavage. C’est la ruine totale, sans espoir humain de relèvement. Mais Dieu n’avait pas oublié son Peuple, il vivait, il était présent dans le cœur des juifs fidèles. Les exilés, esclaves sans avoir un cœur d’esclave rayonnaient, dans la maison de leur maître, leur foi en Dieu et leur respect de la Loi. Et certains, vivant au palais royal, étaient devenus des fonctionnaires respectés et écoutés. Grâce à eux, grâce à leur diplomatie, Cyrus, le nouveau maître de la Perse donna l’ordre de reconstruire le Temple de Dieu, et de relever les ruines de la Ville Sainte pour laquelle le peuple suppliait son Dieu depuis 70 ans. « Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion. Aux branches des saules, nous avions pendu nos harpes et nos guitares. Nos ravisseurs nous demandaient de leur chanter des chansons d’Israël, mais nous ne le pouvions pas !  Comment chanter  notre patrie en restant loin d’elle ? » Jérusalem, c’est le lieu que Dieu a choisi pour proclamer la parole de salut. Elle n’a jamais quitté le cœur du peuple juif et continue de rayonner à travers le monde, car elle est la Ville d’où la parole de grâce est sortie pour proclamer le salut de Dieu par tout l’Univers. Dieu parle continuellement et à chaque créature. Il a dit une parole à Thérèse de l’Enfant Jésus quand elle avait deux ans et Thérèse a compris cette parole quinze ans plus tard. La Thérèse de deux ans était un jour au bas de l’escalier qui montait aux chambres où sa maman travaillait. Elle voulait monter mais la première marche était beaucoup trop haute pour elle. Elle avait beau « lever son petit pied » c’était au dessus de ses forces. Alors elle crie « Maman! » Maman ne répond pas tout de suite mais, après plusieurs appels, elle vient et assied Thérèse sur la deuxième marche. Mais la 2e était aussi haute que la première. Et c’est à force de gestes inutiles et d’appels de Maman que Thérèse est parvenue en haut de l’escalier. Voilà ce qui est arrivé à l’humanité, impuissante par elle-même à monter au ciel. Elle a essayé de se concilier ces forces inconnues qu’elle devinait. L’humanité a crié : Dieu! Dieu! pendant des milliers d’années. Et Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a envoyé son Fils. En son Fils, Dieu est descendu Lui-même vers l’Humanité, et marche après marche, il l’entraîne là-haut vers la divinité. Révélation après révélation il l’a rendue capable de l’accueillir quand les temps furent accomplis. Et voici une des révélations.   Dans le désert, Israël était affronté à des serpents dont la morsure était comme du feu. Le Peuple crie sa douleur, alors Moïse prie et Dieu l’inspire. Pour échapper aux serpents il faut remonter vers le Nord. Il fait donc faire un serpent de bronze qu’il porte comme un étendard en disant: « Suivez moi ». Ils partent alors à travers la Araba jusqu’en Transjordanie. Et c’est de là qu’ils entreront en Terre Promise. (Nb 21,4 ss) Jésus explique tout cela à Nicodème qui le trouve bien mystérieux. Mais Jésus affirme: « Nous parlons de ce que nous voyons, nous témoignons de ce que nous gardons dans les yeux. » Nous, c’est à dire moi et mes disciples. Pas seulement moi, mes disciples aussi. Par sa seule existence, l’Eglise est une parole de Dieu. Le monde nous observe et si nous ne sommes pas un témoignage, nous serons un contre-témoignage, il n’y a pas de milieu. Mais si nous avons une véritable relation d’amour avec notre Dieu nous parlerons de lui comme de quelqu’un que nous connaissons. Et toute notre vie rayonnera de sa vie à lui. C’est ça la spiritualité de Saint Jean. « Ce que nous avons vu du Verbe de Dieu, ce que nos mains ont touché, nous vous l’annonçons afin que notre joie soit parfaite. » Notre joie sera parfaite si nous  témoignons par toute notre vie de ce qui fait notre bonheur.