5e dim P

Ac 14,21-27 ; Ps 144 ; Ap 21,1-5 ; Jn 13,31-35

Ce passage des actes montre la manière intelligente et courageuse dont Paul conduit son apostolat. Avec Barnabé, il est d’abord allé à Antioche dans la montagne de Turquie, où il a enthousiasmé les foules en leur parlant du salut par Jésus proclamé Messie et fils de Dieu. C’est ce que les grecs et les juifs de la diaspora attendaient en sachant que c’était pour bientôt. Et ce ne fut pas sans susciter une violente jalousie chez les juifs intégristes et racistes. Paul prêche mais ne demeure pas longtemps dans la ville où il a prêché. C’est la manière de Jésus, à qui on dit « Tout le monde te cherche » et qui répond : « Allons ailleurs ». Avec Barnabé, ils sont descendus à Lystre où Paul guérit un infirme. Les grecs le prennent pour un dieu et veulent lui offrir un sacrifice. Il les en empêche à grand peine. « Nous ne sommes pas des dieux. Il n’y a qu’un seul Dieu ! » Ils mécontentent ainsi le peuple et à ce moment, les juifs jaloux arrivés d’Antioche, suscitent une émeute. Paul est battu, jeté à terre et lapidé. On le traîne hors de la ville en le laissant pour mort. Des disciples viennent pour le prendre et l’emporter, mais Paul se relève seul, et il revient en ville avec eux. Le lendemain, après avoir été frappé à en mourir, il reprend la route à pieds et s’en va à Derbé, au Sud, puis il revient à Antioche dans la montagne par la voie romaine. Et pourtant c’est à Antioche, comme à Lystre, que demeuraient ses pires ennemis, prêts à ramasser d’autres cailloux. Paul raffermit le cœur des nouveaux disciples davantage encore par son exemple que par sa parole. Il leur demande de persévérer dans la foi, c’est à dire de témoigner par une vie sans reproche. Il avait vraiment le droit de parler, de dire que la souffrance fait partie de la vie chrétienne. Comme Jésus encore, il choisit des collaborateurs dans chaque ville, leur impose les mains après un temps de prière et de jeûne. Il les appelle « anciens » (presbytéroï). Ce qui a donné le mot « prêtres ». Il les choisit parmi les hommes d’expérience, de bon sens, de bon exemple et instruits. Les églises mises en route, la hiérarchie installée, ils reprennent le bateau, et quelques jours plus tard arrivent à Antioche de Syrie, et là ils rendent compte de leur travail missionnaire. Les chrétiens rendent grâce au Seigneur qui est tendresse et pitié, qui est toute bonté envers les hommes qu’il n’a créés que pour les rendre heureux. Béni soit son Règne car le Règne de Dieu c’est la création d’un ciel nouveau, d’une terre nouvelle. C’est ce qui apparaît à Jean dans sa vision. Le monde ancien a disparu, il y a maintenant un monde tout à fait neuf où la mer n’a pas de place. La mer, pour les anciens sémites, était le refuge des puissances mauvaises, un lieu tout à fait effrayant pour Israël. Puis Jean termine son tableau : Je vis alors descendre du ciel la Cité Sainte. L’Eglise, mais pas l’Eglise en marche, l’Eglise arrivée, l’Eglise qui après avoir été éprouvée, purifiée, est maintenant prête à s’installer pour toujours auprès de son époux qui sera « Dieu avec eux » (Théos mèt’ avtôn). Et les épreuves terminées, plus de mort, plus de deuil, toute larme sera essuyée. Et l’Ange dit à Jean : « Ecris cela car ces paroles sont véridiques. » Mais auparavant, il y a des moments terribles à passer, et les épreuves de l’Eglise, celles de Paul, c’est Jésus qui les a inaugurées. Tout a commencé avec Judas qui les quitte. Dès qu’il sort c’est tout le processus de la Passion qui est engagé. Jésus a fait tout ce qu’il a pu pour le retenir. Il lui a lavé les pieds, il l’a installé tout près de lui à table. Assez près pour lui tendre la bouchée sans avoir besoin de se lever. Et tendre la bouchée à un invité c’était lui faire honneur devant tout le monde. En invitant Judas à sortir, Jésus lui donnait la possibilité de prendre l’air, retourner chez lui et ne pas commettre son crime. Mais comme dit Saint Jean ‘il faisait nuit’, nuit dans le cœur de Judas. Parce que Judas avait mangé la bouchée de l’amitié avec un cœur de traître. Dès qu’il fut sorti, Jésus dit une parole mystérieuse. « Maintenant, le Fils de l’homme est glorifié ! Et Dieu est glorifié en lui. Et si Dieu est glorifié en lui, il le glorifiera lui aussi et il le glorifiera bientôt. » Comme si Jésus disait : J’ai totalement échoué avec Judas. Mais je ne pouvais rien contre sa liberté. Cependant, mon chemin de gloire sera de montrer au monde combien j’aime le Père qui m’a envoyé pour révéler aux hommes combien Dieu les aime. Jésus sait qu’il est trahi et qu’il va être arrêté. Mais il refuse de s’enfuir, bien que ce soit facile. Il n’a pas pu persuader les hommes de son amour pour eux mais sa Passion comme la manière dont il la vivra seront plus éloquentes que des paroles. Et le Père sera glorifié par son obéissance. Il a mérité cette gloire par la manière dont il est mort en priant pour ses ennemis. C’est la nouvelle Loi. Pas plus facile que l’ancienne. L’amour inconditionnel est un acte divin. Il n’est possible que si l’on adhère totalement à Jésus qui seul est capable d’aimer de cette façon. Si vous n’aimez que ceux qui vous aiment que faites vous d’extraordinaire ? Jésus nous demande d’aimer à la manière du Créateur. D’un amour que le monde regarde comme une folie mais qui est seul capable d’amener au jour la Nouvelle Création dont nous avons soif.

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