4e Mardi de P

4e Mardi de P – Jn 10,22-30

Puis voici la fête de la Dédicace du Temple (22) plus précisément, la restauration de l’autel profané par Antiochus Epiphane. Cette fête s’appelle en hébreu la hanouka  du verbe « hanokh » qui signifie inaugurer, instruire, initier. C’est la fête des lumières, des lumières qui éclairent le regard et celles qui éclairent l’esprit. Et voici que Jésus allait et venait sous le portique. Aller et venir, surtout sous un portique c’était chez les grecs, l’attitude de l’enseignant. Et Jésus par son enseignement montre à tous qu’il est la Lumière. Voici donc les judéens qui se groupent autour de lui et le harcèlent de questions. Ils veulent lui faire dire la parole qui leur permettra de le lapider. « Qui es tu ? Dis le ouvertement. » Le feu qui brille sur les lampes du Temple s’éteint dans les cœurs des responsables de ce Temple. Le vrai feu inextinguible est caché au cœur du nouveau Temple, au cœur de Celui qui a dit: « Je suis venu jeter le feu sur la terre. » (Luc 12,49) A leur question, Qui es tu ?, Jésus les renvoie à ses paroles précédentes et aux œuvres qui les accompagnaient. Mais ils refusent d’écouter la voix qui monte du fond de leur cœur « Vous n’êtes pas de mes brebis », leur dit alors Jésus. On ne peut pas comprendre les paroles de Jésus si l’on ne s’engage pas. La Vérité ne s’apprend que dans la mesure où l’on se met en route derrière elle. Le Peuple de Dieu est un Peuple en marche. Tandis que les ennemis de Jésus sont installés dans leurs structures confortables et ne veulent pas en bouger. Ils sont sclérosés. Ils paraissent vivants et ils sont déjà morts. Les brebis qui écoutent la voix du Pasteur et le suivent, celles-là elles vivent. Jamais elles ne périront, elles vivent pour toujours. Il n’y a pas de plus grande sécurité que d’être dans la main du Berger et du Père car le Berger et le Père sont Un. « Voici que j’aurai soin de mon troupeau et c’est Moi qui m’en occuperai. » (Ez 36,11) C’est cette déclaration concise, Le Père et Moi nous sommes Un, qui est l’appui principal de toutes les réflexions sur le Christ aux premiers siècles. Le Concile de Calcédoine en 451 déclare: « Nous enseignons tous unanimement à confesser un seul et même Fils, Notre Seigneur Jésus Christ. Parfait en sa divinité, parfait en son humanité. Vraiment Dieu et vraiment homme. Consubstantiel au Père par sa divinité, consubstantiel à nous par son humanité. » Dans la déclaration de Jésus, le pluriel « nous sommes » maintient la distinction des personnes. Tandis que le singulier « Un » affirme l’unité entre elles. Mais en affirmant le lien intime qu’il a avec le Père, qu’il a le même pouvoir que le Père, qu’il est source de vie comme le Père, Jésus encourt obligatoirement la condamnation. C’est pourquoi les judéens se mettent tout de suite à préparer l’exécution en apportant des pierres. Ebastasan tous litous. Ils l’avaient déjà fait, ils recommencent. Mais cette fois encore cela leur est interdit. Jésus n’a pas encore donné sa permission. Il leur demande tranquillement pourquoi ils veulent le lapider. « Est-ce pour le bien que j’ai fait. » Pierre plus tard dira une parole semblable à celle de Jésus. « Nous sommes interrogés aujourd’hui devant vous pour avoir fait du bien à un infirme. » (Ac 4,9) Ils accusent Jésus de se faire Dieu tout en étant homme. Jésus n’a jamais dit en propres termes « Je suis Dieu ». Mais il pousse les gens qui sont autour de lui a se poser la question. Ses œuvres sont une véritable preuve qu’il agit au nom de Dieu. Et cela Nicodème l’avait compris. Mais Jésus va encore plus loin dans son affirmation. Et il apporte la preuve qu’il dit vrai: « Si je n’accomplis pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas. Mais si je les accomplis, allez vous nier ce que vos yeux voient? » (cf vv.37-38) Et Jean montre combien il est rompu aux discussions rabbiniques. « Votre Loi, fait-il dire à Jésus, appelle dieux ceux que Dieu a délégués pour parler en son Nom (v.34). Et vous me refusez ce titre alors que j’accomplis devant vos yeux les œuvres pour lesquelles le Père m’a envoyé. Je puis donc prendre à mon compte le titre de juge, donc de Fils de Dieu. » (cf Ps 81) Il avait déjà dit: « Le Père ne juge personne mais il a donné au Fils tout pouvoir pour juger. » (5,23) Selon la pure tradition juive, Jésus applique les paroles du psaume à tous ceux qui écoutent la parole de Dieu. Voilà ce à quoi les hommes sont destinés, à devenir des dieux. Et la porte d’entrée dans la vie divine c’est la filiation. Chaque être humain est appelé à ressembler aux personnes divines et, très exactement, à la personne du Fils. C’est la Nouvelle Genèse, qui est une naissance divine, celle que Dieu fait germer en son Peuple chargé de la gestation. Un fils de l’Eglise est un fils de Dieu. Et comme en même temps il est membre de cette Eglise, il fait lui aussi partie de la Mère Eglise. D’où la parole de Jésus: « Celui qui écoute la Parole de Dieu et s’y conforme, celui là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (Mt 12,50) Bien que cette déification soit une naissance et un don gratuit, elle requiert toute la grandeur de l’effort humain qui n’est pas diminué mais consacré. Jésus les laisse là, il va en pèlerinage aux lieux de son baptême, de sa tentation au désert, au lieu de l’appel des premiers disciples. Et il les laisse là, tous. Mais quelques uns déclarent: « Jean n’a fait aucun signe mais tout ce qu’il a dit au sujet de Celui-ci est vrai. » (v.41) Et c’est ainsi que beaucoup crurent en lui.

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