4e Lundi

Jn 1,1-10

Ainsi parle le Seigneur: « Ecoutez, pasteurs. Parce que les pasteurs ne s’occupent pas de mon troupeau et se paissent eux-mêmes sans paître mon troupeau,… voici que j’aurai soin moi-même de mon troupeau et je m’en occuperai… Je mettrai à sa tête un pasteur qui les fera paître, mon serviteur David… Je ferai disparaître les bêtes féroces,… il n’y aura plus de famine… Vous mes brebis, vous êtes le troupeau que je fais paître, moi le Seigneur votre Dieu. (Ez 34,1-31) C’est tout ce long passage d’Ezéchiel au sujet des mauvais pasteurs qui est venu immédiatement à la mémoire des auditeurs de Jésus quand il a amorcé la parabole de la bergerie. Il y a peu de paraboles dans l’Evangile de Jean et elles amorcent toujours un long discours sur l’identité de Jésus. La parabole c’est un exemple parallèle à la réalité ». Comme si Jésus faisait un effort d’imagination pour expliquer le Royaume de Dieu. Nous avons déjà vu l’agressivité des ténèbres à l’œuvre contre la lumière. Et l’agonie de Jésus dans Saint Jean n’est pas racontée en quelques versets comme dans les synoptiques. Elle commence au moment où ses ennemis s’aperçoivent que le Peuple lui-même entrevoit sa véritable identité. Ils voient alors que le pouvoir pourrait bien leur échapper et la jalousie les pousse au meurtre. Devant cette violence des ténèbres, il faut la calme puissance de la parole de Dieu. C’est pourquoi Jésus est en dialogue avec le Père dans l’Esprit. Et la conclusion de ce dialogue c’est une nouvelle étape de l’enseignement. « Amen! Amen! Oui Père, je vais leur dire qui je suis. » Et la parabole débute. Vous connaissez l’enclos où l’on enferme les brebis pour la nuit. Il y a une porte qui sert pour entrer et pour sortir, et celui qui escalade la muraille ne peut être qu’un voleur. Ils comprennent tout de suite ces judéens pétris de textes bibliques. La bergerie c’est toujours Israël et c’est le même mot grec (aulé) qui signifie à la fois bergerie et cour du Temple. La cour du Temple où se rassemble le Peuple de Dieu, donc les brebis du Seigneur. Ils savent aussi à qui Jésus fait allusion lorsqu’il parle de voleurs. Les voleurs, ce sont ceux qui usurpent l’autorité. Entrer par la porte c’est exercer l’autorité de par la volonté de Dieu. Et la volonté de Dieu on la connaît d’après le choix du Peuple rassemblé. C’est bien ainsi que Jésus accueilli par la foi populaire entrera à Jérusalem. Il entrera au nom du Seigneur. C’est aussi ce même Peuple, appelé « l’Epouse » par Jean Baptiste qui se précipitait pour accueillir l’Epoux. Ils avaient compris que celui qu’ils attendaient et dont le Baptiste leur avait parlé était celui-là. Mais là encore le Peuple de Dieu appelé « troupeau » par les prophètes, n’est pas pour autant un troupeau de moutons. Les brebis qui vont au Bon Pasteur ce sont celles qui se reconnaissent à lui. Elles reconnaissent sa voix, c’est à dire la voix qui parle à leur cœur. Le cœur profond est sensible à Dieu et c’est leur cœur profond qui a reconnu celui qui vient au nom du Seigneur, qui parle au nom de Dieu. Jésus fait allusion au cri du berger qui appelle ses brebis. Cri qui n’est compris comme un appel que par ses brebis à lui. Celles là, il les fait sortir et les conduit en marchant à leur tête. C’est la parabole de la mise en route. Jésus fait sortir son Eglise de l’enclos du Temple où Israël tourne en rond et il l’ouvre au monde. Il est la lumière qui éclaire tout homme sans distinction, pas seulement la race d’Abraham. Et les brebis comprennent tout cela au fond de leur cœur. Paul disait: « Dieu m’est témoin que je vous aime tendrement. » Comment Dieu donne-t-il son témoignage ? Il le donne au fond des cœurs. Ceux qui sont de Dieu comprennent au cœur de leur être d’où viennent les paroles qu’ils entendent. « Quiconque est de la Vérité entend ma voix. »(18,37)Jésus prend la peine de leur expliquer cela en parabole. Pourquoi vos gens vous lâchent-ils ? Les brebis vont vers ceux qui les aiment. Et elles savent bien que vous ne les aimez pas puisque vous les méprisez et les traitez de maudits. (7,49) » Vous voudriez les enfermer dans votre enclos, leur imposer vos règlements humains dont certains vont à l’encontre des commandements de Dieu.(Mc 7,11) Tandis que moi, je suis la porte. Par la porte on peut entrer, on peut sortir, on est libre. Cependant on n’est pas sans discipline bien que je n’impose rien de l’extérieur. Parce que je parle au cœur. On ne peut pas attirer les brebis si l’on n’a pas les mœurs de Dieu. Et c’est ce que Jésus s’efforce de leur expliquer à ces fonctionnaires. Les brebis sont toutes uniques et elles le savent et elles ne suivent que celui qui les appelle chacune par son nom. Jésus dit donc « Je suis la Porte » dans le même sens qu’il dira « Je suis le Chemin » (14,16). Il est le seul Médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tm 2,5). Il l’avait déjà annoncé devant Nathanaël. Les cieux ouverts au dessus du Fils de l’homme, la Porte du ciel et l’Echelle qui en descend pour y remonter c’est Lui. Et c’est trois fois de suite en insistant que Jésus parle de cette voix qui attire les brebis. Les mêmes mots que pour l’invitation du Psaume 95. « Aujourd’hui, si vous écoutiez sa voix » Jésus s’adressait aux pharisiens mais eux qui connaissaient pourtant le psaume, n’ont rien compris. Non seulement ils manquent d’intuition mais ils sont incapables de saisir l’événement qu’ils vivent. La haine rend aveugle. Quand Jésus parle de ceux qui sont intervenu avant lui, il ne s’agit évidement pas des hommes de Dieu, patriarches ou prophètes qui l’ont précédé. Il s’agit très probablement des zélotes, auteurs de coups de main comme Teudas, Judas le galiléen, etc. dont parle Gamaliel au tribunal qui jugeait les apôtres. (Ac 5,35-37) Ou encore Barrabas que Jean appelle « voleur de grand chemin » listis (Jn 18,40). Ces gens là se posaient en libérateurs mais ils venaient vraiment pour égorger et pour détruire. On peut également appeler brigands les rois et les prêtres qui asservissaient le Peuple au lieu de le servir. Qui n’étaient pas des promoteurs mais des maîtres, des étouffeurs de libertés. Ils imposent des fardeaux insupportables qu’eux-mêmes ne voudraient pas toucher du bout du doigt (Mt 23,4). Quant à eux ils profitent de la faiblesse des petits pour les exploiter. Les veuves par exemple. Elles n’ont personne pour les défendre, alors ils s’approprient ce qu’elles possèdent (Mt 23,14) Voilà pourquoi il ne sont pas écoutés. Seul celui qui parle en vérité au Nom de Dieu peut se faire entendre d’une manière durable. C’est ce que disait Gamaliel: « Si cela vient des hommes cela tombera. Au contraire si cela vient de Dieu. » (cf Ac 5,39)

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