4e dim P.

4e dim P. – Jn 10,27…30

Le voyage missionnaire continue. Paul et son compagnon vont cette fois à Antioche de Pisidie, dans les montagnes turques. C’est là que Paul va donner son témoignage aux juifs et aux grecs réunis dans la synagogue. Il semble bien que beaucoup de grecs étaient attirés par le culte du Dieu Unique adoré à la manière d’Israël. C’est partout que l’on attendait le Christ, pas seulement en Israël mais dans tout dans le monde connu à cette époque.
Et l’on savait même qu’il devait venir du pays des juifs. L’épisode des mages en Saint Matthieu est un signe de cette attente générale. Paul est donc écouté comme un porteur de nouvelles que l’on espérait depuis longtemps. Et il n’est pas étonnant que le samedi suivant il y ait eu tant de monde à la synagogue.
Paul commence son discours à la manière rabbinique, comme il l’avait lui-même entendu de la bouche d’Etienne. Le thème de ce discours c’est l’acharnement de Dieu à sauver un Peuple à la tête dure, sans cesse infidèle, mais qui va être l’instrument dont son amour va se servir pour conquérir le monde. Et cette infidélité est même prévue. A cause d’elle, la réalisation des promesses prendra du temps mais viendra en son temps.
Et Paul raconte comment Dieu s’y est pris. A partir d’un homme qui croyait en lui, et de sa femme stérile, il a mis au monde un fils, mais pour que ce fils devienne tout un peuple il a fallu des années. Environ 450 ans dit Paul. Et pendant tout ce temps ce peuple n’avait même pas l’apparence d’un peuple.
C’était un ramassis de petites gens impuissants à faire valoir leurs droits, ou à s’imposer de quelque manière que ce soit. Il en est d’un peuple comme d’un individu. Au début de son existence, l’homme n’est qu’un embryon dans le sein de sa mère. Il n’a pas d’autre possibilité que celle de croître avec les éléments que sa mère lui apporte. Et sa croissance de bébé achevée, il entre dans la famille.
Eh bien, Dieu a choisi l’Egypte pour être le lieu de croissance d’un embryon de peuple. Puis il a suscité parmi ces sans-droits un homme qui en serait le Chef. A ce chef il a inspiré une Loi, car sans loi il n’y a pas de peuple. Mais il a fallu attendre 12 siècles pour vienne au monde un homme qui pratiquerait cette Loi selon l’Esprit du Législateur et lui donnerait sa perfection définitive.
C’est ainsi qu’à travers lui, Israël a été établi Lumière des nations, et le salut venu des juifs (Jn 4,22) est en train de s’étendre pour envelopper toute la planète. La terre entière est invitée à acclamer son Seigneur. Oui nous sommes son Peuple, le troupeau qu’il conduit et qu’il amènera à la perfection d’un peuple adulte. Jean en a eu la vision qu’il décrit dans l’Apocalypse.
Il parle d’une foule immense devant le Trône, debout comme des êtres libres, vêtus de blanc parce qu’ils sont vivants à jamais. Ce peuple parlait toutes les langues, car il s’agit bien de tous les hommes, de tous ceux que Dieu a créés. Ces gens là ont travaillé et souffert en ne sachant pas toujours pourquoi, mais lorsque les temps seront accomplis, ils parviendront au bonheur inaltérable pour lequel ils ont été créés. Ce jour là, Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.
Nous son Peuple, son Troupeau.
Et le qualificatif de troupeau donné au Peuple de Dieu a une nuance affectueuse. Rien de dépréciateur dans l’expression; la brebis c’est l’animal chéri, celui que l’on porte sur ses épaules quand il ne peut pas suivre.
«Si vous observez mes lois, dit Dieu, je vous considérerai comme miens parmi tous les peuples. Je prendrai de vous un soin tout particulier. Je m’investirai totalement. Je serai non seulement votre Chef mais aussi votre Père, votre Enseignant, votre Défenseur, votre Serviteur. »
Comme nous sommes tous plus ou moins responsables de quelqu’un ou de quelques uns, nous avons à être les fidèles images du Bon Pasteur à qui les brebis appartiennent.
Celui qui considère les brebis comme étant ses brebis à lui, celui-là saura prendre des initiatives lorsque l’intérêt des brebis sera en jeu. Il répondra aux intuitions de l’Esprit en lui parce qu’il est tout le contraire d’un mercenaire qui se cache derrière un règlement.
La réglementation s’appuie sur le passé et doit être toujours en état de réforme. Ainsi, un mercenaire qui dépasserait le Règlement pour suivre son intuition dans l’intérêt des brebis cesserait d’être un mercenaire. Il deviendrait aussitôt un bon pasteur.
Tout cela ne va pas sans l’amour inconditionnel que le pasteur doit avoir pour ses brebis. Et cet amour inconditionnel pousse à connaître de mieux en mieux, et de plus en plus profondément chacune d’elle.
La connaissance profonde des brebis est une des notes du bon pasteur. Lui, il connaît ses brebis parce qu’il prend la peine de les regarder. Et les brebis se sentent comprises et vont à lui.
Quand on a reçu la charge et la grâce d’être pasteur, que ce soit comme père de famille, chef de groupe ou curé on doit toujours avoir devant les yeux Celui qui a dit : « Me voici au milieu de vous comme celui qui sert. » Et qu’est-ce que servir sinon donner sa vie.
Que le Bon Pasteur nous fasse connaître et aimer ceux qu’il nous confie.

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