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3e dim Pâques

avril 13, 2013

Jn 21,1-19.

Voici donc que les ennemis de Jésus se défendent contre l’accusation d’assassinat que Pierre et Jean leur jettent au visage. « Nous vous avions interdit d’enseigner au nom de ce Jésus de Nazareth. » On peut maintenant admirer la simplicité et le courage de Pierre en de Jean qui risquent leur vie en disant : « Il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes. » Dans les actes il y a deux sortes de prédication, celle adressée aux juifs et celle adressée aux non-juifs. Quand les apôtres parlent aux non-juifs, ils leur parlent du Dieu Unique, Créateur du ciel et de la terre, Providence de tous les hommes. Ils ne font allusion ni à l’Histoire d’Israël ni à sa Tradition. Et de même Paul quand il parle aux grecs, il cite leurs poètes, leurs coutumes, mais pas l’Ecriture d’Israël, évidemment. Dans ce passage, Pierre et Jean s’adressent à des juifs en se référant à la Tradition comme à la Sainte Ecriture. Ils parlent devant des gens capables de les mettre en prison, de les torturer et de les tuer. Et ils disent : « Comment pourrions-nous taire ce que nous avons vu et entendu ? Ce Jésus est mort parce que vous l’avez fait condamner. Mais il est sorti du tombeau comme vous avez pu le constater. Il nous est apparu, il s’est assis à notre table, il a mangé et bu avec nous. Il est vraiment ressuscité, nous en sommes témoins. Cela a été annoncé par les prophètes, par les psaumes, mais vous ne voulez pas l’entendre parce que cela vous dérange. » Leurs interlocuteurs sont férus de Loi, de Prophètes, d’écrivains sacrés. Pierre et Jean s’appuient sur ces paroles inspirées pour les appeler à la conversion, leur annonçant l’Esprit Saint qui veut remplir le cœur de ceux qui parviennent à l’obéissance de la Foi.(Ac 2,38) On peut être étonnés de ce qu’ils n’aient pas été exécutés au cours des premières années. C’est peut-être parce qu’il n’y avait pas que des hommes de mauvaise foi chez les rabbins. Comme ici Gamaliel, c’est un rabbin célèbre qui prend la parole pour inviter ses frères au bon sens. « Vous savez bien que ce qui ne vient pas de Dieu ne peut pas durer. Souvenez vous de Teudas, ce maquisard qui avait promis à son armée de lui faire passer le Jourdain à pied sec. Eh bien Teudas s’est fait tuer et ses hommes ont été dispersés. Tandis que si ce groupe continue de se développer dans la paix, il vient peut-être de Dieu. En le combattant, vous risquez de vous attaquer à Dieu. » Et le Peuple qui les aimait ! La crainte du Peuple et les paroles de Gamaliel ont eu raison de leur haine pour un temps. Ils ont donc libéré les apôtres mais non sans les faire flageller. Cependant, au lieu de se sentir punis, voici deux hommes remplis de joie. Ils ont été jugés dignes de souffrir avec leur Maître pour le Nom de Dieu. Leur sang versé a été le meilleur des témoignages, c’était la Passion du Christ rendue visible à nouveau et qui attirait à lui les âmes de bonne volonté. « Seigneur, tu m’as ramené de l’abîme, tu m’as fait remonter de la fosse. Tu as changé mon deuil en une danse, je te rendrai grâce pour toujours. » Et Jean a les mêmes paroles au sujet de sa vision. Des myriades d’anges acclament l’Agneau Immolé, déclaré vainqueur. « Il est digne l’Agneau Immolé de recevoir puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et louange. » Il a souffert pour la bonne cause et Dieu l’a fait triompher. Il est vainqueur parce qu’il a souffert et non parce qu’il est puissant. C’est ce qu’il promet à son successeur. Les disciples sont ensemble. Pierre a repris sa barque et ses filets. Le pêcheur d’hommes est resté pêcheur de poissons. Et c’est à eux tous réunis que Jésus va apparaître. Il les aborde leur en demandant quelque chose. Il est comme ça, Jésus. Avant de combler il commence par demander un petit rien. Ce jour là il leur demande s’ils ont du poisson alors qu’il va leur offrir une pêche extraordinaire. Dieu est Le Généreux, et le disciple bien-aimé l’a reconnu tout de suite. Il le dit à Pierre qui plonge pour arriver plus vite. Jésus l’attend auprès d’un feu de braises! Comme dans la cour de Caïphe. Auprès d’un feu de braises Pierre a nié trois fois qu’il n’avait rien de commun avec cet homme. Il en est encore tout chaviré. Et les questions que Jésus va lui poser ne vont pas l’aider à retrouver son assurance. Avant tout ils reçoivent du pain et du poisson. Puis Jésus invite Pierre à un dialogue que l’on peut appeler le dialogue fondateur de l’Eglise. Pierre m’aimes-tu plus que ceux-ci ? Et il emploie le verbe agapan qui est l’amour inconditionnel du disciple pour son maître. Pierre n’ose pas dire « Je t’aime inconditionnellement. » Il dit seulement « Je suis ton ami. » Jésus recommence « M’aimes-tu inconditionnellement ? » – « Je t’ai dit que je suis ton ami. » Jésus frappe un dernier coup « Es-tu mon ami. Fileis me ?» Pierre est prêt à pleurer « Tu le sais bien puisque tu sais tout. »
Quelques jours plus tôt Pierre avait renié son Maître avec blasphème. Il fallait qu’il connaisse Jésus jusqu’au fond de l’âme pour oser dire : « Tu sais que je t’aime puisque tu sais tout. » Il vient de se montrer digne de remplacer son Maître et Jésus lui annonce « C’est vrai. Tu m’aimeras jusqu’à la mort. Un jour tu étendras les bras, et toi aussi tu seras crucifié. » Pierre est institué Berger et le Bon Berger c’est celui qui donne sa vie pour ses brebis.

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