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Jeudi après Pâques

avril 10, 2013

Jn – 3,31-36

Après ce passage, Jean l’évangéliste prépare le dialogue de Jésus avec la samaritaine en une seconde révélation de la Trinité. La Trinité, source de vie éternelle. Le Fils qui est envoyé répand l’Esprit sans mesure. Pourquoi ? Parce que le Père l’aime et a mis dans sa main le don de tout. Ainsi donc, celui qui s’ouvre au Fils et à sa parole entre dans la nouvelle genèse. Il naît de nouveau en recevant la vie éternelle. Tandis que celui qui refuse de croire attire sur lui la colère de Dieu. Voilà pourquoi Jésus est si sévère pour celui qui déstabilise les simples. Qui les pousse à douter et leur enlève tout point d’appui. La colère de Dieu! Comment Dieu peut-il se mettre en colère. Dieu crée dans un acte d’amour, et le besoin d’être aimé est naturel à la créature. Elle ne peut être heureuse qu’en aimant et en se laissant aimer par quelqu’un capable de l’accueillir telle qu’elle est. Le refus d’être aimée ainsi devient en elle comme une brûlure. Elle est comme un assoiffé qui refuse de boire. Cette brûlure que la créature s’inflige à elle-même, c’est cela que l’on appelle la colère de Dieu. Dieu ne se met pas en colère, il ne se vexe pas il ne punit pas mais son amour refusé interpelle par sa seule existence. Le refus d’un amour absolument désintéressé et qui s’offre en permanence fait naître dans le cœur la honte et la haine. Une honte de plus en plus profonde et une haine de plus en plus violente qui torture leur auteur, cette créature à qui Dieu ouvre les bras et qui refuse de s’y jeter malgré le besoin vital qu’elle a de lui. Tandis qu’au contraire, voici la splendeur de l’homme biblique, de l’homme chrétien, du collaborateur de Dieu. Cet homme n’est pas seulement créature, il est aussi créateur en tant qu’il dit quelque chose du Créateur. Ce verset 32 où Jean parle du Christ peut-être dit de l’homme que Dieu a amené à l’être dans une acte d’amour à partir de son vécu intime. C’est ce qui a fait dire à Paul VI que l’homme est une émanation de Dieu comme l’Eglise est une émanation du Christ Ressuscité. Nous ne sommes pas Dieu mais Dieu a mis en nous quelque chose de Lui. Quelque chose qui fait de nous des créateurs. Voyons ce qui se passe dans notre cœur. Nous sommes l’Eglise chacun est participant de la vie de l’Eglise. Mais si le Christ vit en moi, est-ce que je suis gommé ? Est-ce que je perds ma personnalité et ma liberté ? Au contraire, je puise ma liberté dans la liberté du Christ et ma personnalité grandit au contact de la sienne. Je reste moi, mais en m’unissant à lui, je suis christifié de la tête aux pieds. Je suis donc un visage du Christ vivant aujourd’hui, et cela en communauté avec tous les croyants. De même, je suis collaborateur du Dieu créateur, créant aujourd’hui et qui me crée moi-même à chaque seconde. J’entre dans le dialogue d’adoration de la créature qui se reçoit de Dieu. La prière c’est une prise de conscience du réel et le réel c’est Dieu en train de créer, de me créer et de créer tout ce qui m’entoure. Et dans la prière, j’accueille Dieu qui me crée.

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