Archive for 4 avril 2013

Vendredi de Pâques.

avril 4, 2013

Jn 21, 1-14

L’Evangile de Jean était terminé, Jean y avait apposé sa griffe, et voici que quelques années plus tard, après sa mort, un vingt et unième chapitre voit le jour. Et qui continue de raconter Jésus ressuscité.Les avis sont partagés au sujet de ce chapitre. A-t-il été simplement rajouté pour faire connaître ce fait si important de la dernière pêche qui donne à Jésus l’occasion de confirmer Pierre dans sa charge de Responsable de la Communauté ? Appartient-il à l’une ou l’autre source de l’Evangile à laquelle se rattacherait d’autres passages ? De toute manière, l’Eglise depuis le second siècle tient ce vingt et unième chapitre comme parole de Dieu. Et à la fin de ce second siècle Jean était déjà écrit sous sa forme actuelle avec ses vingt et un chapitres. Les disciples sont ensemble comme ils étaient ensemble dans le chapitre précédent. Et c’est à ce groupe que Jésus va apparaître. Il va se manifester à ceux des siens qui ont la foi, mais le thème de la reconnaissance montre comment, dans les débuts, le regard de la foi est toujours hésitant. Jésus les aborde selon son habitude en demandant quelque chose. Il demande s’ils ont du poisson alors qu’il va leur offrir une pêche extraordinaire.Il avait déjà demandé à Philipp e s’il avait du pain pour tout le monde et, sur son aveu d’impuissance, il nourrit toute une foule avec le repas d’un jeune homme. Il fait de même avec la samaritaine. Il lui demande d’abord de l’eau et lui révèle l’Eau jaillissante en Vie éternelle. Ce jour là, encore une fois, ils n’avaient rien pris. Et voici un inconnu qui leur dit de jeter le filet à droite. Ils obéissent et leur filet se remplit comme par enchantement. C’est cela qui caractérise les miracles de Jésus, la surabondance. A Cana six urnes se sont trouvées pleines.A la multiplication des pains, la foule n’a pas pu manger tout ce qui lui a été offert. Dieu est Le Généreux, et le disciple bien-aimé, celui qui a suivi son Maître jusqu’à la Croix et qui était avec Marie quand Jésus remit son Souffle, celui-là l’a reconnu tout de suite. Il le dit à Pierre qui plonge pour arriver plus vite. On peut remarquer que Pierre ne dit pas comme lors de la première pêche miraculeuse « Eloigne toi de moi car je suis un pécheur » et pourtant il l’a été pécheur le jour de son reniement solennel. Mais l’amour a fait son chemin dans le cœur de Pierre. Il sait que son péché est lavé, brûlé, détruit complètement par cet amour. Et voici que Jésus l’attend auprès d’un feu de braises! C’est la deuxième fois que Jean parle de ce feu de braises. Un feu de braise étalé sur le sol comme dans la cour de Caïphe. « Les soldats et les gardes avaient fait un feu de braises car il faisait froid. » (Mc 14,71)Et auprès de ce feu, Pierre a nié trois fois avec des imprécations qu’il n’avait rien de commun avec ce Jésus. Ce détail des imprécations c’est Marc qui le donne et on sait que l’évangile de Marc c’est aussi le témoignage de Pierre. Ils sont là auprès du feu et Jésus leur offre à déjeuner en les invitant à apporter eux-mêmes un peu de ce poisson qu’ils viennent de prendre. Ils tirent le filet à terre et comptent. Ils dénombrent cent cinquante trois gros poissons. Cent cinquante trois, c’est le nombre exact de toutes les espèces de poissons connues dans le monde méditerranéen à cette époque. Et quand on sait ce que l’on appelle « gros poisson » sur le Lac de Galilée on peut être impressionné par une telle quantité de poissons emprisonnée dans un seul filet. Mais ce qui compte c’est le nombre. S’il est fait mention de la taille c’est pour dire que chaque poisson est très important. Car cette pêche c’est celle de Pierre à qui Jésus a promis qu’il serait pêcheur d’hommes. La totalité des poissons représente donc la totalité des familles humaines. Et le filet qui ne se rompt pas c’est l’Eglise et sa capacité d’accueillir tous les hommes sans distinction de race, de classe, de culture ou d’opinion politique. Et le mot employé pour dire « ne se rompt pas » c’est « ne se divise pas ». ouk eschisen to diktyon (v.11) Comme pour la tunique sans couture. Les soldats disent « Mè schisômenauton ». Ne la divisons pas. (19,24) La vie avec Jésus permet de transcender toutes les différences.
Et ces poissons, d’où viennent-ils ? De la Mer! De cette Mer qui est le monde des hommes en ce moment. Dans l’Apocalypse, Jean dit qu’à la fin des temps, lorsqu’apparaîtront les cieux nouveaux et la terre nouvelle, il n’y aura plus de mer (Ap 21,1) car le temps de l’épreuve sera terminé. En ce temps tous les hommes seront parvenus au rivage du Royaume de Dieu comme les cent cinquante trois poissons qui les représentent dans le filet de Pierre. Ce filet est tiré par les pêcheurs d’hommes appelés par Jésus. Ces pêcheurs comprennent, ils devinent que leur hôte est celui qui les a déjà pêchés eux-mêmes, mais ils hésitent avant de se prononcer. Personne n’osait lui dire « Qui es-tu ? » parce qu’ils savaient que c’était le Seigneur. (v.12) Ils en seront bientôt certains mais il faut toujours que ce soit Jésus qui prenne l’initiative. Il leur distribue le pain et le poisson pour les aider à se souvenir.

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