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Jeudi de Pâques

avril 3, 2013

Lc 24,35-48.

Emmaüs dit Luc, est à deux heures de marche de Jérusalem, c’est à dire 10 kilomètrJeudi de Pâques es. Ils viennent de faire ces 10 kms avec Jésus qui leur parlait en leur expliquant les écritures. Leurs cœurs étaient tout brûlants disaient-ils. Ils ont été dynamisés de telle sorte que le chemin qu’ils venaient de faire en descendant, ils l’ont repris à la montée, mais Jésus ne marchait plus auprès d’eux, il était dans leur cœur. Ils sont arrivés ainsi dans la nuit à Jérusalem. Ils entrent au Cénacle où les disciples sont rassemblés, c’est à dire les apôtres et quelques femmes. Et c’est alors qu’ils font une expérience qui est à proprement parler fondatrice. Et qui les constitue témoins autorisés. Lorsque Pierre en parlera à Corneille, le centurion de Césarée, il dira: « Ce Jésus de Nazareth, Dieu l’a éveillé le troisième jour. Il lui a donné d’apparaître non pas à tout le Peuple mais à des témoins que Dieu avait choisi d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après qu’il se fut dressé d’entre les morts. » Jésus se place au milieu d’eux un peu comme il se trouvait au milieu des rabbins de Jérusalem lorsqu’il avait 12 ans. Sa venue signifie pour eux la paix, celle dont Israël n’a pas accepté les conditions. La salutation classique de ‘Paix à vous’ (Shalôm alékhèm) n’est pas dans tous les manuscrits mais elle est certainement authentique en raison du nombre et de la valeur des témoins textuels. Et c’est très important que Jésus ait dit à toute son Eglise rassemblée et en propres termes: « Paix à vous! » – « Il est notre Paix, » dit le prophète Malachie, son salut n’est pas une simple formule de politesse , c’est un souhait et un souhait qui deviendra réalité lorsque le temps sera venu, lorsque son Eglise aura suffisamment cheminé à travers des luttes de toutes sortes.Cette paix ne sera pas seulement la fin de toute guerre, ce sera l’état de perfection. Les versets suivants sont importants, eux aussi. Que Luc, un grec, ait parlé de ce Jésus ressuscité mangeant et buvant avec eux, cela montre sa certitude absolue que Jésus est vraiment ressuscité. Comme s’il disait: « C’est impossible, c’est incroyable, mais c’est vrai! » Il était mort complètement, il ne restait même plus une goutte de sang dans son corps, le coup de lance l’a prouvé. Et malgré cela, il nous est apparu vivant, nous l’avons touché, nous avons vu ses stigmates. La place des clous dans ses mains, dans ses pieds, et le coup de lance du cœur. Il s’est assis à table avec nous, il a mangé de bon appétit comme nous. Pourquoi Jésus leur a-t-il donné ce signe d’un homme qui mange avec eux ? C’est pour leur montrer qu’il est vraiment ressuscité, qu’il a prise sur ce monde dont il s’assimile la substance. Et les blessures qu’il leur montre ce sont vraiment des trous mais pas tout à fait les mêmes que sur la croix. Elles sont transfigurées elles aussi. Et Jésus s’applique le chapitre 53 d’Isaïe: « C’est par ses blessures que nous sommes guéris. » Voilà qui est inadmissible pour les rationalistes que sont les juifs, les musulmans et beaucoup de chrétiens. Dieu s’est vraiment fait homme, sans cesser d’être le Dieu Unique il a pris notre nature humaine. Parce qu’il lui était impossible de nous sauver en respectant notre liberté s’il ne devenait pas Lui-même l’un de nous. Et pour devenir l’un de nous il a eu besoin de nous. Si Marie avait dit Non, il n’y aurait pas eu d’incarnation. Et Dieu ne serait pas allé en chercher une autre puisque c’est elle qu’il aimait. Dieu n’est pas le Tout Puissant qu’on croit, il est le Tout Puissant en Amour. Et son amour est de telle sorte qu’il ne se décourage jamais. Il est comme l’eau, la plus douce des créatures et la plus puissante. Elle déborde des barrages, use les rochers, creuse les vallées. L’Amour de Dieu est bien plus doux et plus puissant que l’eau. Et son respect de la créature n’a pas d’égal. Cette créature qu’il veut séduire avant de s’unir à elle. Ce n’était pas évident pour Jésus d’aller à la croix. Il a fallu que Moïse et Elie viennent l’encourager. Ils sont venus lui parler sur le Thabor le jour de la Transfiguration, lui parler de quoi ? De sa montée à Jérusalem. Ils lui ont fait part de leur douloureuse expérience avec le Peuple. Ce Jésus que trois apôtres ont vu au Thabor transfiguré a été peu de temps après un condamné sans force, torturé, humilié. Et le voilà maintenant au milieu des siens. Sa gloire n’éclate pas à leurs yeux, car ils ne pourraient pas la supporter, mais le bonheur qui émane de lui les transfigure. Il leur montre que puisqu’il est ressuscité, eux aussi vont un jour ressusciter. Le corps qui est si lourd maintenant deviendra comme le corps ressuscité de Jésus, pas encombrant du tout, et pourtant construit avec de la peau, des os et tout le reste. La mort n’est pas une délivrance du corps, c’est un passage, et notre corps sera de la fête. La joie est complète ou elle n’est pas. L’Homme n’est complet qu’avec son corps, c’est pourquoi Jésus est passé dans la gloire avec son corps. Et nous serons bientôt avec lui, avec notre corps. Voici la conclusion, Luc parle tout de suite de l’Ascension, alors que dans les actes il met cette ascension quarante jours plus tard. Cela signifie que l’exaltation de Jésus est inséparable de sa Résurrection. Tandis que le récit des actes fait de l’Ascension la conclusion des apparitions pascale après la promesse de l’Esprit Saint. Celui-ci venu, la mission apostolique peut commencer.

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