Archive for 2 avril 2013

Mercredi de Pâques

avril 2, 2013

Lc 24,13-35.

Pour St Luc et depuis le début de son évangile, le Verbe de Dieu est en marche. Sa marche a commencé peu de temps après l’Annonciation. Dès que Marie a pu faire son petit bagage pour aller visiter la cousine Elisabeth, il a pris la route avec elle. C’était afin que la vieille Elisabeth et le fils qu’elle portait soient remplis de l’Esprit Saint. Et maintenant ce petit d’homme est devenu grand, il a accompli sa mission et il va remonter vers le Père d’où il est sorti. Mais il va faire route, une dernière fois, avec deux hommes. Deux disciples de Jésus quittent Jérusalem en fuyards et s’entretiennent en chemin de ce qui s’était passé. Et pendant qu’ils parlaient , voici Jésus s’approchant qui fait route avec eux Ces deux verbes résument toute la démarche de Dieu. Il s’approche des hommes dans la peine et il fait route avec eux. Dieu est proche de ceux qui ont le cœur meurtri. En Jésus, il se fait proche des hommes, il entre dans nos histoires. Il rend vie à notre destin de chaque jour. On a dit que Luc était un petit Saint Jean. Dans St Jean, la proximité avec Jésus est accompagnée du don de l’Esprit Saint. Dans St Luc aussi, on l’a vu avec Elisabeth, et on voit ici que la familiarité avec Jésus rend la Résurrection évidente. En compagnie du Ressuscité la vie des hommes se poursuit avec son bagage d’imprévu, de simplicité, d’incohérences parfois. Comme c’est le cas ici. Ils savent tout et n’arrivent pas à croire. Que disent-ils donc ces deux hommes dont l’un s’appelle Cléophas ? Ils sont déçus, presque désespérés. « Nous avions cru qu’il rétablirait le Royaume d’Israël. Mais nous sommes au troisième jour déjà et il n’est pas encore réveillé ! » Jésus les invite à se souvenir de ce qu’ils ont vécu avec lui avant les derniers événements. Mais en vain. Ils sont dépassés. Et pourtant ce qu’ils disent à son sujet est précis. « Jésus le nazaréen, prophète, thaumaturge et puissant devant Dieu et devant tout le Peuple. On le prenait pour notre Libérateur. Et voilà ! Il a été arrêté, condamné, crucifié. » Ils sont déjà en train de dire ce qui va être repris dans le grand discours des actes des apôtres mais ils ne confessent pas son Nom. Ils ne reconnaissent pas encore qui est Jésus. Il n’ont pas encore la vertu d’Espérance car la vertu d’Espérance est une vertu théologale, un don de Dieu. Avant de la leur donner, Dieu veut d’abord montrer ce dont l’homme est capable par lui-même. Les événements qu’ils ont vécu le matin devraient suffirent pour les amener à la foi ? Eh bien non, ils ne suffisent pas. Ils sont incapables de les mettre ensemble pour leur donner un sens. Les femmes sont venues leur crier cette nouvelle incroyable. Pierre et Jean sont allés voir et ont trouvé toutes choses comme les femmes le leur avaient dit. Mais Lui, ils ne l’ont pas vu ! Et c’est ce qui les bloque. Pendant qu’ils parlent Jésus se tait mais il est avec eux. Il les écoute, il montre de l’intérêt à ce qu’ils disent. Cette écoute, cet intérêt les aide à évoluer. A pousser plus loin les limites de leur foi. C’est ainsi que leur amitié sincère pour ce Jésus avec qui ils ont vécu trois ans va les conduire peu à peu à l’acte de foi. Mais il faut pour cela que Jésus prenne la parole. Il commence par les traiter de sots et de cœurs lents à croire. Ne fallait-il pas que le Christ souffrit pour entrer dans sa gloire ? Et cela nous scandalise ! Pourquoi fallait-il que le Christ souffrit ? Parce qu’il lui fallait casser cette croûte de péché qui enveloppe toute l’humanité. Qu’il lui fallait la casser en chacun des hommes. Depuis le premier né jusqu’au dernier conçu. Le péché c’est le refus de se soumettre à son Créateur. Et pour faire disparaître ce refus il n’y a que la soumission totale et amoureuse. Cette soumission totale et amoureuse a fait de Jésus un signe de contradiction contre lequel les méchants se sont dressés. Et lui, au lieu de leur résister par la violence, il s’est laissé agresser. Au lieu de crier vengeance à son père, il lui a dit : « Pardonne leur. Ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Et le mal, au lieu de devenir un cercle vicieux où les vengeances se répondent les unes aux autres, le mal s’est perdu en lui comme un courant d’eau qui se perd dans une plaine de sable. Voilà ce que signifient ces paroles ‘Il fallait que le Christ souffrit’. Il fallait qu’il s’expose à la méchanceté afin de neutraliser cette méchanceté par sa douceur. Et ce n’est pas fini. Le Christ continue de souffrir aujourd’hui encore dans son Eglise. C’est dans la mesure où ceux qui se disent chrétiens supporteront la persécution en pardonnant. C’est dans cette mesure que la méchanceté disparaîtra. Le jour du Vendredi Saint, qui a gagné la partie ? Qui a été vainqueur ? Le grand vainqueur du Vendredi Saint c’est lui, c’est Jésus. Son sourire le montre aux deux fuyards pendant qu’il leur partage le pain. Le résultat ne se fait pas attendre. Tous ceux qui sont touché par la grâce, qui l’ont reconnu comme leur Sauveur et en qui il habite, se mettent en marche. Aussitôt Jésus disparu, ils se lèvent, reprennent la route en sens inverse et ils arrivent à Jérusalem ou leurs camarades confirment ce qu’ils viennent leur annoncer. Oui le Seigneur est vivant et il est apparu à Simon.

Publicités